@informateur- L’attaque menée, le samedi 7 octobre 2023, par le Hamas contre Israël a suscité un tollé mondial. En représailles, l’Etat hébreux a déversé un ‘’déluge de feu’’sur Gaza, pratiquement rayée de la carte du monde. Retour sur un conflit qui perdure, en dépit des accords signés par les parties antagonistes.
Pour comprendre à quel point la guerre en cours s’ancre dans un siècle de tensions, de violences et de guerre, il est bon de retracer les principales dates-clés du conflit israélo-palestinien, dont les prémices remontent déjà à plus d’un siècle. La résolution 181 votée par l’Assemblée générale de l’ONU, le 29 novembre 1947, prévoit une séparation de la Palestine en trois : un Etat juif, un Etat arabe et une zone sous contrôle international qui inclut Jérusalem et sa ‘’proche banlieue’’. Il est accepté par une forte majorité des dirigeants du Yichouv – les représentants de la communauté juive de Palestine – mais rejeté par la quasi-totalité des représentants des Arabes de Palestine comme par les Etats arabes voisins.
Sans attendre la mise en œuvre hypothétique du partage de la Palestine, prévue par les Britanniques pour le 1er octobre 1948, David Ben Gourion, futur Premier ministre de l’Etat hébreu, déclare l’indépendance d’Israël au dernier jour du mandat britannique, le 14 mai 1948 à Tel-Aviv. Au lendemain de cette déclaration d’indépendance, à l’issue de mois de tension et de violences inter-communautaires, les armées de plusieurs pays arabes voisins envahissent le territoire de l’ancienne Palestine mandataire. L’exode et les expulsions d’Arabes palestiniens, qui ont commencé avec les violences fin 1947, s’intensifient avec l’entrée en guerre d’armées arabes (essentiellement égyptienne, jordanienne, syrienne, libanaise et irakienne) par le Nord, l’Est et le Sud. Ces attaques sont repoussées et se soldent par la conquête par l’Etat hébreu d’un vaste territoire, bien plus étendu que celui proposé dans la partition de l’ONU. Pour les Arabes palestiniens, c’est la ‘’Naqba’’ (‘’la catastrophe’’, en français) qui scelle l’exil forcé de 600 000 à 800 000 d’entre eux.
- La guerre des 6 jours
La guerre des Six Jours éclate le 5 juin 1967. Israël attaque l’Egypte en raison du blocus de ses navires en mer Rouge, considéré comme un ‘’acte de guerre en violation du droit international’’. Après un succès militaire rapide au Sinaï, Israël contre-attaque la Jordanie en Cisjordanie puis la Syrie sur le plateau du Golan. En six jours, Israël occupe toute la péninsule du Sinaï et rétablit la circulation de ses navires par le détroit de Tiran, en mer Rouge, mais étend aussi son occupation sur la bande de Gaza, la Cisjordanie, le plateau du Golan et Jérusalem-Est. La guerre provoque un deuxième exode estimé par l’ONU à près de 500 000 Palestiniens.
La résolution 242, approuvée à l’unanimité par le Conseil de sécurité de l’ONU, souligne ‘’l’inadmissibilité de l’acquisition de territoires par la guerre’’ et insiste sur la ‘’nécessité d’œuvrer pour une paix juste et durable’’ et demande le ‘’retrait des forces armées israéliennes des territoires occupés au cours du récent conflit’’. D’abord, sauvage au regard du droit israélien, la politique de colonisation en Cisjordanie débute après la guerre des Six Jours. Cette colonisation est toujours considérée comme illégale selon le droit international, comme l’ont rappelé 11 résolutions de l’ONU entre 1967 et 2016.
Après des mois de tensions (essentiellement côté égyptien du fait de l’occupation israélienne du Sinaï), l’Egypte et la Syrie cherchent à envahir l’Etat hébreu par le Sud et par le Nord. C’est ce qui va s’appeler la ‘’guerre de Kippour’’. Les forces armées israéliennes sont surprises le jour de Kippour, la fête la plus solennelle du calendrier juif, malgré plusieurs renseignements qui indiquaient l’imminence d’une attaque. L’Egypte reprend le canal de Suez mais ne s’approche pas de la frontière Sud d’Israël.
La première Intifada (‘’soulèvement’’, en français) éclate le 9 décembre 1987, à Jabalia, camp de réfugiés palestiniens de la bande de Gaza, avant de s’étendre à l’ensemble de la bande de Gaza puis à la Cisjordanie. Cette période est marquée par de violentes émeutes de la jeunesse, avec des jets de pierres sur l’armée israélienne, mais aussi d’attentats contre la population israélienne et des conflits entre mouvances palestiniennes. L’occupation israélienne, les conditions de vie et les inégalités avec le voisin hébreu, puis la répression violente de Tsahal sont autant de facteurs qui nourrissant cette ‘’guerre des pierres’’ qui a fait plus de mille morts côté palestinien et près de 300 côté israélien.
C’est d’ailleurs dans le sillage de la première Intifada que naît le Hamas (de son vrai nom Mouvement de résistance islamique), pour qui le ‘’djihad’’ doit mener à la création d’un Etat musulman sur toute la Palestine. Cette position radicale conduit à des affrontements sanglants avec l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) durant l’été 1992, qui font plus de 800 morts.
- Nétanyahou encourage la colonisation de toutes les parties d’Israël
Vainqueur des élections législatives en 2022, Benyamin Nétanyahou assure, en présentant sa coalition, la plus à droite de l’histoire d’Israël, que son gouvernement ‘’encouragera et développera le peuplement dans toutes les parties de la terre d’Israël’’, y compris en Cisjordanie.
L’attaque du Hamas contre l’Etat d’Israël le 07 octobre dernier n’est donc qu’un prétexte. Sauf que la réaction du gouvernement israélien est totalement disproportionnée et va contre toutes les lois qui encadrent la guerre. Ainsi, après une dizaine de jours de combats dont l’âpreté le dispute à l’horreur, un décompte macabre fait état de 2400 morts des deux côtés. Jusqu’où va donc s’arrêter cette boucherie ?
En tout état de cause, il importe que l’on privilégie la voie diplomatique au détriment de celle des armes qui semble sans issue. A cet effet, le président russe Vladimir Poutine a appelé à des négociations entre Israël et Palestine, jugeant par ailleurs nécessaire d’éviter une « extension du conflit », qui aurait des conséquences dans le monde entier. « Il est nécessaire de travailler sur la diplomatie plutôt sur l’aspect militaire et de chercher des solutions pour arrêter les combats, et le plus tôt possible », a-t-il préconisé. « Deuxièmement, il faut retourner au processus de négociations, qui doit être acceptable pour toutes les parties, y compris pour les Palestiniens », a ajouté le président russe.
Pour autant, on peut s’inquiéter de l’horreur provoquée par les représailles israéliennes (une bombe a fait 300 victimes, côté palestinien, le mardi 17 octobre) qui semblent sans limites. Si l’on comprend la volonté des Israéliens à assurer leur sécurité dans une zone qui leur est plutôt hostile, il n’en demeure pas moins qu’ils ne sauraient tuer tous les Palestiniens de Gaza (plus de 2 millions d’habitants). Il arrivera un moment où la violence montrera ses limites. Forcément. Pour faire place au dialogue. Alors, pourquoi ne pas commencer maintenant, après que chacun camp a fini de montrer ses muscles ? Pour donner une chance à la paix. C’est un vœu !
Informateur.ci Avec Lemonde.fr












