@Informateur.ci- Le président sénégalais Bassirou Diomaye Diakhar Faye était, le mercredi 15 juillet 2026, au Palais de l’Émir du Qatar à Doha pour présenter ses condoléances à l’occasion des obsèques de Son Altesse le Cheikh Hamad bin Khalifa Al Thani. Le Chef de l’État sénégalais tenait particulièrement à effectuer personnellement le déplacement à Doha, eu égard aux liens profonds qui unissent le Sénégal et le Qatar. C’est la raison officielle de sa visite au Qatar.
Sauf que, coïncidence, Karim Wade vit en exil au Qatar. Mieux, Diomaye Faye et Karim Wade ont eu un tête-à-tête en marge de la visite officielle. Mieux, un troisième acteur, et non des moindres, était dit-on à Doha où il aurait lui aussi rencontré le président sénégalais. Il s’agit de son prédécesseur Macky Sall qui vit aussi en exil, au Maroc. Simple coïncidence, mais coïncidence troublante. Ce qui ne manque pas de faire parler les Sénégalais et les observateurs, au regard du contexte dans lequel le trio s’est retrouvé au Qatar. Qu’est-ce que ces trois poids lourds de la politique sénégalaise ont bien pu se dire au Qatar ?
La question ne manque pas de pertinence, d’autant plus que la rencontre de Doha intervient après l’annonce par Diomaye Faye de la création de son propre parti politique, à la suite de sa rupture avec Ousmane Sonko et par conséquent avec le PASTEF, le parti qui a conduit l’Alliance qui l’a porté au pouvoir. Pour les observateurs, cette entrevue, qui intervient dans un contexte marqué par la rupture désormais consommée entre le chef de l’État et le leader de PASTEF, Ousmane Sonko, ne saurait être fortuite. Car, dans ce nouveau paysage politique, Bassirou Diomaye Faye serait engagé dans une stratégie de recomposition des alliances, en vue de consolider sa base politique. Or, en dépit de leur situation d’exilés, Macky Sall et Karim Wade sont de grandes figures de la scène politique sénégalaise, des leaders incontournables dont les partis représentent des forces politiques majeures dans le pays.
Il n’est pas superflu de souligner que le parti politique de Karim Wade est le Parti démocratique sénégalais (PDS). Il s’agit du principal parti de l’opposition, fondé en 1974 par son père, l’ancien président Abdoulaye Wade. Karim Wade en est une figure incontournable et y exerce une très forte influence. Quant à Macky Sall, l’ancien président, il reste solidement à la tête de l’Alliance pour la République (APR) qu’il a fondée en 2008, après avoir quitté le PDS suite à des désaccords avec l’ancien président Abdoulaye Wade.
La question ne manque pas de pertinence, d’autant plus que la rencontre de Doha intervient après l’annonce par Diomaye Faye de la création de son propre parti politique, à la suite de sa rupture avec Ousmane Sonko et par conséquent avec le PASTEF, le parti qui a conduit l’Alliance qui l’a porté au pouvoir.
Depuis le changement de pouvoir intervenu en 2024, l’APR est dans un rôle de parti d’opposition au Sénégal. Faut-il le rappeler, Macky Sall a annoncé qu’il effectuera bientôt un séjour au Sénégal, pour rencontrer Diomaye Faye. Dans la foulée, le camp présidentiel assure avoir enregistré le ralliement de plusieurs militants, responsables politiques et maires issus de l’ARP. C’est un cas de rapprochement de fait avec le parti de Macky Sall, avant la rencontre des des deux hommes en août prochain.
Après l’ARP, Diomaye Faye envisagerait-il également un rapprochement avec le Parti démocratique sénégalais (PDS) de Karim Wade ? Beaucoup en sont persuadés. Diomaye Faye a besoin de nouveaux alliés face à Ousmane Sonko qui est désormais un implacable adversaire pour le camp présidentiel. Une alliance avec ces deux poids lourds de la politique sénégalaise ne serait pas une mauvaise affaire pour le parti présidentiel annoncé.
Certes, les deux leaders exilés sont poursuivis au Sénégal pour des faits de gestion, dissimulation de fonds publics pour l’un, enrichissement illicite pour l’autre. Mais Diomaye Faye qui s’est désormais séparé de l’aile dure que représentait Ousmane Sonko, pourrait se montrer plus clément à leur endroit et passer l’éponge…dans le cadre d’une alliance, si un accord est trouvé entre eux. On attend de voir.
Maurice Kouassi KONAN












