@informateur.ci- Le président russe Vladimir Poutine a promulgué, lundi 29 septembre 2025, une loi entérinant le retrait de la Russie de la Convention européenne pour la prévention de la torture et des traitements inhumains ou dégradants.
Cette décision marque une nouvelle étape dans la rupture entre Moscou et les institutions européennes, amorcée depuis l’exclusion de la Russie du Conseil de l’Europe en 2022, à la suite de l’invasion de l’Ukraine.
Adoptée en 1987, la Convention européenne pour la prévention de la torture est actuellement ratifiée par les 46 États membres du Conseil de l’Europe. Elle vise à garantir la protection des personnes détenues contre toute forme de violence, de traitements cruels ou humiliants. Le mécanisme prévoit notamment des visites inopinées dans les prisons et centres de détention afin d’évaluer les conditions de vie des prisonniers.
En se retirant, la Russie échappe désormais à ces mécanismes de contrôle indépendants, ce qui suscite de vives inquiétudes parmi les défenseurs des droits humains. Plusieurs ONG estiment que cette décision accentue les risques de violations des droits des détenus, particulièrement dans le contexte de la guerre en Ukraine et des arrestations massives d’opposants politiques en Russie.
La semaine dernière, un rapport publié par l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) avait déjà dénoncé de « graves violations » du droit international commises par Moscou, en particulier contre des prisonniers de guerre ukrainiens. Ces accusations renforcent les critiques internationales sur le traitement réservé aux détenus sous contrôle russe.
Avec ce retrait, la Russie confirme son isolement progressif face aux grandes instances de défense des droits humains en Europe. Pour les observateurs, cette décision illustre la volonté du Kremlin de s’affranchir de tout cadre juridique international susceptible de limiter ses actions, aussi bien à l’intérieur de ses frontières que sur le terrain militaire en Ukraine.
Yannick KOBO












