@Informateur- Vice-président du Conseil national des Burkinabè en Côte d’Ivoire, El Hadj Kindo Issaka a lu un discours devant le premier ministre Yacouba Isaak Zida au nom de la communauté Burkinabé de Côte d’Ivoire. Il livre à Informateur.info ses impressions sur cette rencontre. Entretien.
Informateur: El Hadj Kindo Issaka, vous avez été le porte-parole de la communauté burkinabé à la rencontre de la diaspora avec le Premier Ministre Zida le 7 juillet dernier. Comment avez-vous apprécié cette rencontre ?
Kindo Issaka : J’ai apprécié positivement cette rencontre du Premier Ministre Isaac Zida avec la diaspora burkinabè de Côte d’Ivoire. Cette rencontre a été une opportunité pour la communauté burkinabè d’échanger directement avec lui et il a eu à donner une réponse à toutes les questions qui lui ont été posées par ses compatriotes.
Vous avez soulevé dans votre discours quelques préoccupations, notamment le vote de la diaspora. Avez-vous été satisfaits des réponses du Premier Ministre sur tous les points ?
Sur cette question, nous sommes restés sur notre faim. Le premier Ministre a évoqué un problème de budget, donc un manque de moyens financiers pour organiser les élections à l’extérieur. Souvenez- vous qu’en 2010 la CENI était venue en Côte d’Ivoire procéder à l’installation de ses démembrements, et du coup, on nous dit que faute de moyens financiers impossible d’organiser les élections à l’extérieur, mais qu’en 2020 c’est sûr et irrévocable. En 2015 les démembrements de la CENI ont été une fois encore mise en place et voilà que suite à une insurrection populaire un gouvernement de transition s’installe et dans un premier temps ils nous font rêver à travers la charte que le vote de la diaspora burkinabè sera effectif et peu de temps après c’est la volte-face comme une suite logique.
Des raisons donc d’en vouloir à la transition ?
Personnellement, je ne tiens pas rigueur au gouvernement de la transition eu égard au délai qui leur est imparti, mais tout de même question : quel gouvernement du Burkina Faso pourra organiser des élections de ses compatriotes de l’extérieur, avec quels moyens financiers et en quelle année ? Nous avons de réelles appréhensions sur ces questions fondamentales.
Quelles perspectives pour la communauté après cette rencontre ?
Après cette rencontre avec le Premier Ministre que je qualifie de rencontre de vérité, je pense que le gouvernement burkinabè aura une oreille attentive désormais aux préoccupations de la communauté burkinabè de l’extérieur et singulièrement celle de la Côte d’Ivoire. C’est eux-mêmes qu’ils le disent au Burkina Faso, « Plus rien ne sera comme avant». Et bien nous scandons également le même refrain pour la diaspora.
Après le rappel de Justin Koutaba, l’ambassade du Burkina Faso est dirigée par le 1er Secrétaire. Pourquoi la communauté n’a-t-elle pas demandé au PM la nomination d’un nouvel ambassadeur pour combler le vide ?
Si jusque-là il n’y a pas d’ambassadeur, c’est que le chargé d’affaire assure convenablement l’intérim. Je pense que c’est une question qui relève du gouvernement, et le chef de ce gouvernement a fait le constat lui-même sur place. En ce qui concerne la communauté, c’est la présence et l’efficacité d’un consul général et de ce point de vue, nous sommes satisfaits. Mais par contre, nous avons relevé l’urgence d’un attaché de presse dans notre chancellerie après le départ de l’attaché de presse Touré Vanessa, le poste est à nouveau vacant et cela ne sert pas les intérêts de la communauté. Le premier ministre à promis de régler la question dès son retour à Ouagadougou.
Dans l’affaire du Mont Péko, trois leaders burkinabè ont été arrêtés courant le mois de mars pour avoir dénoncé le racket des autorités locales sur le cacao des clandestins burkinabè. Après 5 mois sans jugement, leur sort vous préoccupe-il?
Evidemment, leur sort nous préoccupe beaucoup, en ce sens que la question a été posée au premier Ministre, qui dit être informé et que des actions sont en train d’être menées entre le gouvernement Ivoirien et Burkinabè en vue de trouver une solution. Nous espérons un règlement rapide de la question avant le sommet des deux chefs de l’Etat en fin du mois de juillet.
Le Président Michel Kafando sera, effectivement, en fin de ce mois de juillet à Yamoussoukro pour le sommet du Traité ivoiro-burkinabé. La communauté prévoit-elle un livre blanc consensuel à son attention ?
Nous attendons impatiemment ce jour, pour voir à nouveau le réchauffement des relations bilatérales entre la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso. Un adage dit : « il n’est jamais trop tard pour bien faire ». Nous aurions souhaité la visite du président du Faso en Côte d’Ivoire dès le lendemain de la mise en place du gouvernement de la transition. Nous avons réservé une partie de nos doléances au Président du Faso Monsieur Michel Kafando. Nous souhaitons vivement que la transition aille à son terme en organisant des élections transparentes, équitables et démocratiques, gage de stabilité et de paix durable dans notre pays, le Burkina Faso.
Propos recueillis par Jean François Fall












