@informateur.ci- La réforme constitutionnelle engagée au Sénégal met en lumière de profondes divergences entre le président Bassirou Diomaye Faye et le président de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko. Les désaccords autour de plusieurs dispositions du texte, porté par la majorité parlementaire de Pastef, alimentent une crise institutionnelle qui pourrait avoir des répercussions sur l’équilibre des pouvoirs.
Les tensions se sont cristallisées mercredi lors des travaux de la Commission des lois de l’Assemblée nationale. Les députés de la majorité ont maintenu plusieurs amendements, dont une disposition phare interdisant au président de la République d’exercer simultanément la direction d’un parti politique ou d’une coalition. Présentée par ses promoteurs comme une avancée démocratique destinée à renforcer la neutralité de la fonction présidentielle, cette mesure se heurte toutefois à l’opposition de l’Exécutif.
Le gouvernement a demandé le retrait de cette disposition, estimant qu’elle modifie en profondeur l’architecture institutionnelle sans avoir fait l’objet d’un consensus politique suffisant. Face au refus des parlementaires, plusieurs amendements défendus par la majorité ont été écartés, accentuant le bras de fer entre les deux institutions.
Pour justifier cette position, le ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Me Moussa Sarr, s’est appuyé sur l’article 82 de la Constitution. Selon lui, tout amendement entraînant des dépenses supplémentaires pour l’État doit être accompagné de propositions de financement. À défaut, le gouvernement est fondé à s’y opposer. Cette lecture juridique a contribué à figer les discussions et à renforcer les tensions entre l’Exécutif et le Parlement.
Au-delà des aspects techniques, cette séquence révèle un manque de coordination entre les deux principales figures du pouvoir sénégalais. D’un côté, Bassirou Diomaye Faye entend préserver les équilibres institutionnels. De l’autre, Ousmane Sonko, à la tête de l’Assemblée nationale et de la majorité, défend une réforme qu’il considère essentielle pour consolider les institutions.
Dans ce contexte tendu, le Bureau et la Conférence des présidents de l’Assemblée nationale ont été convoqués en urgence afin d’examiner la suite du processus législatif. Le vote de la réforme est attendu le 29 juin, à la veille de la clôture de la session parlementaire, dans un climat politique marqué par une confrontation inédite entre les principaux dirigeants du pays.
Djah OPELY












