@informateur.ci- Le Sénégal a décidé de suspendre l’application de son accord d’extradition avec la France. L’annonce a été faite le jeudi 11 décembre 2025 par la garde des Sceaux, Yassine Fall, lors de la présentation du budget 2026 de son département devant l’Assemblée nationale. Cette mesure restera en vigueur tant que Paris n’aura pas donné suite à deux demandes d’extradition formulées par la justice sénégalaise.
Selon la ministre de la Justice, cette décision s’inscrit dans une logique de réciprocité, principe fondamental des accords judiciaires bilatéraux. «Nous avons décidé de suspendre toute extradition vers la France jusqu’à ce que celle-ci réponde à nos demandes concernant deux de nos compatriotes», a-t-elle déclaré, soulignant que le Sénégal a fourni toutes les justifications juridiques nécessaires.
Parmi les personnes recherchées figure notamment le journaliste Madiambal Diagne, président-directeur général du groupe Avenir Communication. Dakar estime que l’absence de réponse de la France à ces dossiers constitue un blocage incompatible avec l’esprit de coopération judiciaire entre les deux pays.
Yassine Fall a rappelé que la France adresse régulièrement des demandes d’extradition au Sénégal, souvent concernant des ressortissants français ou des binationaux résidant sur le territoire sénégalais. Entre 2024 et 2025, une vingtaine de requêtes françaises ont été enregistrées : trois ont été acceptées, quatre rejetées, tandis que dix autres sont restées en suspens en raison du gel lié aux demandes sénégalaises non satisfaites. Au total, douze demandes françaises sont désormais directement affectées par la suspension annoncée.
La ministre a toutefois précisé que les personnes recherchées par la justice française pourront toujours être interpellées au Sénégal si nécessaire, mais ne seront pas remises aux autorités françaises tant que la situation n’évoluera pas.
Cette annonce est intervenue lors de l’examen du budget 2026 du ministère de la Justice, fixé à 81,35 milliards de francs CFA en autorisations d’engagement et 81,01 milliards en crédits de paiement, dans un contexte de fermeté affichée par Dakar sur le respect de ses intérêts judiciaires et de sa souveraineté.
Yannick KOBO













