@informateur.ci- Au Sud-Kivu, dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), les combats se sont intensifiés depuis une semaine, provoquant la mort d’au moins 74 personnes, majoritairement des civils. L’ONU, qui qualifie la situation d’«extrêmement préoccupante», alerte sur une crise humanitaire qui s’aggrave malgré l’accord de paix récemment entériné entre Kinshasa et Kigali, le 4 décembre à Washington, sous médiation américaine.
Selon les premières informations recueillies par les organisations humanitaires, 83 blessés ont été admis dans les hôpitaux de Sange et Walungu entre le 2 et le 7 décembre. Le coordonnateur humanitaire de l’ONU en RDC, Bruno Lemarquis, souligne que les opérations d’évacuation médicale restent limitées en raison des combats toujours en cours et de la multiplication des barrages routiers.
Les violences, comprenant l’usage d’armes lourdes, touchent plusieurs zones densément peuplées : Uvira, Walungu, Mwenga, Shabunda, Kabare, Fizi et Kalehe. Des attaques visant des infrastructures civiles, notamment des écoles, ont également été signalées. Lemarquis s’est dit «profondément attristé» par l’impact des affrontements, rappelant que «les civils et les infrastructures civiles ne sont pas des cibles».
Au-delà du lourd bilan humain, la situation entraîne un déplacement massif de population. Plus de 200 000 personnes ont fui leur domicile depuis le début du mois, selon des estimations préliminaires. Des milliers d’autres ont trouvé refuge au Burundi voisin.
Avant cette nouvelle escalade, le Sud-Kivu comptait déjà près de 1,2 million de déplacés internes, ce qui accentue encore la pression sur les ressources humanitaires. Cette recrudescence de la violence intervient dans un contexte régional déjà fragile, malgré les efforts diplomatiques récents visant à apaiser les tensions entre la RDC et le Rwanda.
Djah OPELY





