@informateur.ci- La course à la présidence de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) prend des allures de duel diplomatique entre la République démocratique du Congo et le Rwanda. Alors que les tensions restent vives dans l’est de la RDC, les deux pays soutiennent des candidates rivales pour diriger l’institution francophone.
L’actuelle secrétaire générale de l’OIF, la Rwandaise Louise Mushikiwabo, brigue un troisième mandat à la tête de l’organisation. Face à elle, Kinshasa mise sur Juliana Lumumba, fille de l’icône de l’indépendance congolaise Patrice Lumumba.
Cette confrontation diplomatique intervient dans un climat régional tendu. Depuis le début de l’année 2025, les rebelles de l’AFC/M23, accusés d’être soutenus par Kigali, contrôlent notamment les villes de Goma et Bukavu dans l’est de la RDC. Des accusations rejetées par le Rwanda malgré les critiques de Kinshasa, de plusieurs pays occidentaux et d’experts de l’ONU.
Malgré les médiations engagées par les États-Unis, le Qatar et l’Union africaine, les violences persistent dans la région. Dans ce contexte, l’élection à la tête de l’OIF revêt une forte portée symbolique et géopolitique.
Le gouvernement congolais affirme toutefois vouloir mener cette campagne dans « un esprit positif et constructif ». Le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, souligne le poids démographique et culturel de la RDC, considérée comme le plus grand pays francophone au monde avec près de 100 millions d’habitants.
De son côté, Kigali défend le bilan de Louise Mushikiwabo en matière de modernisation de l’OIF. Le ministre rwandais des Affaires étrangères, Olivier Nduhungirehe, estime que les tensions politiques entre États ne doivent pas influencer l’organisation.
Outre les candidates congolaise et rwandaise, la Mauritanienne Coumba Bâ et l’ancien Premier ministre roumain Dacian Cioloș sont également en lice. Le scrutin se tiendra lors du sommet de l’OIF prévu à Phnom Penh les 15 et 16 novembre prochains.
Djah OPELY












