@informateur.ci- Au Nigeria, deux attaques djihadistes menées par l’ISWAP et le groupe Lakurawa ont fait au moins 28 morts dans les États de Borno et de Sokoto. Retour sur un double drame qui souligne l’ampleur de l’insécurité persistante dans le nord du pays.
Deux nouvelles attaques djihadistes ont endeuillé le nord du Nigeria les 2 et 3 juillet, faisant au moins 28 morts selon les autorités et des témoins locaux. Les violences, imputées à des groupes armés islamistes, frappent une fois de plus les populations civiles déjà durement affectées par seize années de conflit.
La première attaque s’est produite à Malam Fatori, une ville frontalière du Niger, dans l’État de Borno. Tôt jeudi matin, des hommes armés affiliés à l’État islamique en Afrique de l’Ouest (ISWAP) ont pris d’assaut un camp de déplacés internes, ouvrant le feu sur ses habitants. Le lieutenant-colonel Olaniyo Osoba, porte-parole de la Force multinationale mixte (FMM), a confirmé la mort d’au moins 11 personnes, tout en affirmant que la situation est désormais sous contrôle militaire.
Selon Abor Mallum, membre d’une milice locale de soutien à l’armée, les assaillants sont arrivés à bord de pick-up lourdement armés vers 1h20 GMT, et ont non seulement attaqué le camp, mais également incendié un hôpital et plusieurs bâtiments administratifs avant de se replier. Ce dernier a fait état d’un bilan légèrement plus élevé, évoquant 12 victimes.
Pendant ce temps, à plus de 1 000 kilomètres à l’ouest, dans l’État de Sokoto, le village de Kwallajiya a été la cible d’une seconde attaque, cette fois attribuée au groupe djihadiste Lakurawa. Le drame s’est déroulé mercredi, en pleine journée, alors que les habitants s’apprêtaient à accomplir leurs prières de l’après-midi.
Un témoin rapporte que 17 personnes ont été tuées, principalement des agriculteurs travaillant aux abords du village. Les miliciens auraient agi en représailles à la mort de trois de leurs membres lors d’un précédent affrontement avec des groupes d’autodéfense locaux. Selon l’imam de la mosquée du village, les assaillants ont tiré à l’aveugle, incendié des maisons, des cultures et des installations de télécommunication, semant la terreur parmi les habitants.
Ces deux assauts rappellent la vulnérabilité persistante du nord du Nigeria face à l’insécurité djihadiste. Depuis le début de l’insurrection en 2009, plus de 40 000 personnes ont été tuées et près de 2 millions déplacées dans la région du lac Tchad. Malgré les efforts des forces armées nigérianes et régionales, les groupes armés continuent de semer le chaos.
Djah OPELY












