@informateur- Le Niger, depuis qu’il a déclaré son appartenance à l’Alliance des Etats du Sahel (AES), a marqué son refus de la présence sur son sol des troupes américaines déployées dans le cadre de la coopération bilatérale en matière de lutte contre le terrorisme au Sahel. Mieux, ce pays qui a choisi d’aller plus loin dans ce sens, vient joindre l’acte à la parole en décrétant, comme ce fut le cas avec la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO), la » fin de la coopération avec les Etats-Unis ».
La preuve, pour appuyer le discours des militaires au pouvoir au Niger, plusieurs manifestations ont été organisées avec la bénédiction de la junte nigérienne, pour exiger de démantèlement de la base militaire américaine au Niger. Faut-il le rappeler, au Niger, les Etats-Unis disposent, en plus des troupes composées de 650 soldats et d’autres effectifs supplémentaires, notamment d’une base de drones importante près d’Agadez construite pour un coût de 100 millions de dollars. Aussi une délégation américaine de haut niveau est-elle arrivée à Niamey pour discuter du plan de retrait des troupes américaines exigé par le régime militaire en place au Niger. L’annonce en a été faite le mercredi 15 mai 2024 par le ministère nigérien de la Défense.
Cette délégation de « haut niveau » du Pentagone, conduite par Christopher Maier, adjoint au secrétaire à la Défense chargé des Opérations spéciales et des conflits de faible intensité, a été reçue ce mercredi-là, par le ministre nigérien de la Défense, le Général Salifou Modi, a-t-on appris à travers un communiqué dudit ministère relayé par les médias. La délégation des émissaires de la Maison Blanche comprenait également le Général Dagvin Anderson, Directeur du Développement des Forces inter-armées au département américain de la Défense et avait pour mission de présenter au Niger » le projet du plan de retrait des forces américaines du Niger ». Une présence que le régime militaire de Niamey juge » illégale ».
Ce projet de retrait qui » sera discuté avec des experts militaires nigériens » vise, selon Niamey, un « retrait en ordre » et « en toute sécurité dans les meilleurs délais » des soldats américains. Il s’agit de « la première rencontre officielle » depuis la dénonciation en mars 2024 par la junte issue du coup d’Etat du 26 juillet 2023, de l’accord de coopération militaire qui lie le Niger aux Etats-Unis par le régime militaire nigérien. Une exigence à laquelle Washington a accédé mi-avril en acceptant de retirer du pays ses soldats déployés dans le cadre de la lutte antijihadiste.
Leur nombre, rappelons-le, est estimé à 650 auxquels s’ajoutent quelques centaines de contractuels. Déjà, la veille de la rencontre, soit le mardi 14 mai 2024, pour justifier l’acte de rupture du régime militaire nigérien vis-à-vis des USA, le Premier ministre nigérien Ali Mahaman Lamine Zeine s’était forgé un alibi en déclarant, tel que l’on rapporté les médias, que le Niger avait rompu sa coopération militaire en raison de « menaces » proférées par des officiels américains. » Selon le chef du gouvernement nigérien, Washington aurait menacé les autorités de Niamey de sanctions si le Niger signait un accord pour vendre l’uranium qu’il produit à l’Iran. Tout en rassurant cependant que « rien » n’avait été signé avec Téhéran à ce sujet », a indiqué l’AFP sur ce point.
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