@informateur.ci- Le régime militaire nigérien a annoncé des sanctions contre plusieurs opérateurs économiques et conducteurs routiers ayant refusé de transporter du carburant à destination du Mali, pays voisin confronté à une grave pénurie d’hydrocarbures. Cette situation résulte notamment d’un blocus imposé par des groupes jihadistes sur certains axes stratégiques, perturbant l’approvisionnement énergétique malien.
Dans un communiqué publié lundi, le ministère nigérien des Transports a indiqué avoir pris des mesures fermes à l’encontre des contrevenants. Au total, quatorze opérateurs spécialisés dans le transport d’hydrocarbures se sont vu retirer définitivement leur droit d’exercer. Par ailleurs, dix-neuf chauffeurs routiers ont été sanctionnés par le retrait de leurs permis de conduire pour avoir refusé de se conformer à une réquisition officielle des autorités.
Ces décisions s’inscrivent dans le cadre de l’assistance apportée par Niamey à Bamako.
En solidarité avec le Mali, le Niger, pays producteur de pétrole, a mobilisé un important dispositif logistique afin de soutenir son voisin. Selon les autorités, 82 camions-citernes ont été dépêchés vers la capitale malienne, Bamako, sur un trajet de près de 1 400 kilomètres, sous escorte militaire, afin de sécuriser le convoi face aux menaces sur le corridor.
Le gouvernement nigérien justifie ces sanctions par la nécessité d’assurer la continuité de l’approvisionnement énergétique régional et de faire respecter les réquisitions décidées dans un contexte jugé exceptionnel. Les autorités estiment que le refus d’obtempérer à ces ordres compromet les efforts de solidarité et de coopération entre les deux pays, tous deux dirigés par des régimes militaires et engagés dans une lutte commune contre l’insécurité.
Cette affaire illustre les tensions croissantes autour des enjeux logistiques et sécuritaires en Afrique de l’Ouest, où l’accès aux hydrocarbures demeure vital pour les économies et les populations, en particulier dans les zones affectées par les conflits armés.
Yannick KOBO













