@informateur.ci- Le Mali adopte une nouvelle charte de transition accordant un mandat de cinq ans renouvelable à Assimi Goïta dès 2025, dans un contexte politique tendu et économique fragile.
Le gouvernement malien a entériné une révision majeure de la Charte de la Transition lors du Conseil des ministres du 11 juin 2025. Ce texte accorde un mandat de cinq ans, renouvelable, au président de la Transition, le général d’armée Assimi Goïta. Cette décision s’inscrit dans la continuité des recommandations issues des concertations nationales d’avril, où les Forces vives de la nation avaient proposé Goïta comme futur président de la République.
Selon le communiqué officiel, cette mesure vise à répondre aux attentes du peuple malien, tout en alignant le pays sur les dynamiques institutionnelles des autres membres de la Confédération AES. Le gouvernement insiste également sur la nécessité de poursuivre la transition actuelle afin de restaurer la paix et la stabilité sur l’ensemble du territoire.
La transition malienne, initialement prévue jusqu’en mars 2024, avait déjà été prolongée après le report de l’élection présidentielle de février 2024, désormais sans date fixée. Dans la foulée, les autorités ont suspendu les activités des partis politiques, alimentant les critiques tant sur le plan national qu’international.
En parallèle, le dialogue national tenu en mai a proposé une nouvelle période transitoire de trois ans, ouvrant la voie à une éventuelle candidature du général Goïta. Parmi les autres recommandations figurent la suppression du statut de chef de file de l’opposition, l’interdiction du nomadisme politique et la suspension de toutes les élections tant que la situation sécuritaire demeure instable.
Sur le plan économique, la situation reste préoccupante. La Banque mondiale signale une inflation persistante, des difficultés énergétiques et une augmentation marquée de la pauvreté. Malgré des prévisions de croissance revues à la hausse, 4,8 % en 2025 contre 4 % initialement, les défis structurels du pays freinent toute relance durable.
La nouvelle charte place ainsi Assimi Goïta au centre du futur politique du Mali, dans un climat d’incertitude et de résilience nationale.
Yannick KOBO













