@informateur.ci- La Guinée engage une réforme ambitieuse de son système universitaire pour répondre au chômage croissant des diplômés. Confrontées à un décalage persistant entre formation académique et besoins du marché du travail, les autorités ont lancé deux mégaprojets structurants visant à adapter l’enseignement supérieur aux réalités économiques nationales.
Officiellement lancés le 27 avril à Conakry par le ministère de l’Enseignement supérieur, les programmes MPS30 et MPS32 s’inscrivent dans le cadre du programme Simandou 2040. Leur objectif est clair : refonder en profondeur les cursus universitaires afin de mieux préparer les étudiants à l’emploi. Cette initiative mobilise à la fois des acteurs publics, privés et des experts du secteur éducatif.
Le constat à l’origine de cette réforme est préoccupant. Chaque année, près de 15 000 diplômés sortent des 48 établissements du pays, mais moins d’un tiers accède à un emploi dans l’année suivant la fin de leurs études. Le chômage des jeunes diplômés dépasse même les 40 %, selon les données officielles.
Le projet MPS32 vise à revoir les contenus pédagogiques pour les aligner sur les besoins du marché, tandis que MPS30 ambitionne de cartographier les compétences et les métiers porteurs. Ces deux axes complémentaires devraient permettre la mise en place d’un système d’information dynamique pour orienter les politiques de formation.
Les autorités entendent également renforcer les filières stratégiques, notamment dans le numérique, l’intelligence artificielle, l’énergie et les mines. Un Observatoire national de l’insertion des diplômés sera créé pour suivre leur intégration professionnelle.
Toutefois, les experts soulignent que ces réformes devront s’accompagner d’une transformation du tissu économique. Dominé par l’informel et le secteur minier, le marché du travail guinéen peine encore à offrir des emplois durables et qualifiés malgré une croissance économique soutenue.
Djah OPELY












