@informateur.ci- L’arrestation et l’extradition de l’ex-chef d’État burkinabè, le Lieutnant-Colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba, par les autorités togolaises auront été une décision prise sous une rare pression de Ouagadougou, selon nos sources. Soupçonné d’être à l’origine de plus d’une tentative de coups d’État étouffés dans l’œuf et dont le dernier était planifié pour la nuit du 3 janvier dernier, Damiba, faut-il le préciser, n’a jamais démenti officiellement les faits par voie de communiqué.
Cette posture du silence, volontairement assumée, n’a pas eu pour seule conséquence que d’embarrasser Lomé qui lui a accordé refuge depuis 2022 après son éviction. Elle a surtout conforté les accusations contre sa personne et rendu davantage crédibles les éléments de preuves présentés par les autorités burkinabè contre lui.
Selon nos informations, au lendemain de la sortie télévisée du ministre de la sécurité burkinabé, Sana Mahamadou, qui a dévoilé le scénario du putsch manqué du 3 janvier dernier et pointé un doigt accusateur sur le tombeur de Roch Marc Christian Kaboré, Ouagadougou avait dépêché, dans la discrétion, une mission à Lomé pour y présenter les preuves et demander que Damiba soit extradé afin d’être jugé.
Son extradition, qui n’aurait pas été possible sans l’accord de l’exécutif, devenait ainsi une simple formalité. Et Lomé y a mis la forme en faisant signifier à son illustre hôte par un juge le 16 janvier qu’il allait être extradé sur le champ. Lomé se libérait ainsi d’un exilé gênant, fut-il un ancien chef d’État.
Selon toujours notre source, Lomé, qui avait pris bonne note de la gravité de la situation, au regard de l’argumentaire du régime de Ouaga, n’avait cependant pas donné formellement de suite dans l’immédiat. Toutefois, confie notre source, les services de renseignement togolais avaient renforcé à la fois la sécurité autour de celui qui est désormais considéré comme une menace sérieuse par le régime de Ouaga au quartier ‘’Lomé 2’’ et la surveillance de ses communications.
Tout serait allé vite à la suite d’un échange téléphonique, avant la mi-janvier, entre le capitaine Ibrahim Traoré et le président Faure Gnassingbé. Que se sont-ils dit? Difficile d’en savoir les détails. Mais toujours est-il que cet échange téléphonique a scellé le sort de Paul-Henri Sandaogo Damiba. Le Togo ne pouvait pas se permettre une crise diplomatique avec le Burkina Faso à propos d’un officier supérieur que tout accuse et qui n’a jamais lui-même daigné s’en défendre.
Son extradition, qui n’aurait pas été possible sans l’accord de l’exécutif, devenait ainsi une simple formalité. Et Lomé y a mis la forme en faisant signifier à son illustre hôte par un juge le 16 janvier qu’il allait être extradé sur le champ. Lomé se libérait ainsi d’un exilé gênant, fut-il un ancien chef d’État. Ce qui ne constitue pas moins une victoire pour le Capitaine Ibrahim Traoré.
Jean François FALL












