@informateur.ci- L’Algérie franchit un cap majeur dans sa politique mémorielle avec l’adoption d’une loi érigeant la colonisation française en crime. Le texte a été validé le 12 avril par le Conseil de la nation, chambre haute du Parlement, marquant une étape décisive dans la reconnaissance institutionnelle des souffrances liées à la période coloniale (1830-1962).
Cette initiative s’inscrit dans un contexte de relations complexes entre Alger et Paris, régulièrement marquées par des tensions malgré des tentatives de rapprochement diplomatique. Les questions de mémoire, de migration et de positionnement géopolitique continuent de peser sur la coopération bilatérale.
Portée comme un outil de préservation de la mémoire nationale, la loi vise également à honorer les sacrifices des Algériens durant la colonisation. Le ministre des Moudjahidine et des Ayants droit, Abdelmalek Tacherift, a salué une «réponse suprême du peuple algérien», dénonçant des crimes qui, selon lui, demeurent une « malédiction historique».
Le processus législatif avait été enclenché en mars 2025 avec la mise en place d’une commission ad hoc initiée par le président de l’Assemblée populaire nationale, Brahim Boughali. Une commission mixte a ensuite peaufiné le texte afin d’assurer sa cohérence juridique et la précision de ses dispositions.
L’objectif affiché est de faire passer la reconnaissance des crimes coloniaux d’un cadre moral à un dispositif légal structuré, fondé sur les principes de vérité, d’équité et de justice historique.
Cette loi intervient alors que les relations franco-algériennes restent fragilisées, notamment depuis les déclarations du président Emmanuel Macron en 2021 sur la « rente mémorielle », qui avaient déclenché une crise diplomatique. Par ailleurs, des désaccords persistent sur des dossiers sensibles comme la migration et le Sahara occidental.
Au-delà du cadre national, cette démarche s’inscrit dans une dynamique africaine plus large de reconnaissance des injustices historiques, à l’image des récentes initiatives internationales sur la mémoire de l’esclavage.
Djah OPELY












