‘@Informateur.info- Pape Diouf, l’ex-président de l’Olympique de Marseille (OM), a succcombé, mardi, à Dakar, à la maladie à coronavirus ( Covid-19) à l’âge de 68 ans. Son décès inattendu plonge le monde sportif, politique, des médias qui lui rendent hommage.
Alors qu’un aéronef était « prêt » pour son évacuation sanitaire vers la France, précisément, à Nice, Pape Diouf a dribblé tout ce monde pour passer l’arme à gauche, laissant partenaires et adversaires tétanisés, dans un océan d’hommages.
» C’est une grande figure du sport, un grand dirigeant engagé et éminence grise du football », se souvient le président du Sénégal, Macky Sall. Là où son ministre des Sports, Matar Ba, rappelle que le défunt est « un modèle » pour avoir été « le seul noir à être président d’un grand club de football européen (ndlr: Olympique de Marseille) ».
Les épithètes ne manquent pas à l’artiste-musicien sénégalais, Youssou N’dour pour qualifié Pape tantôt de « symbole », tantôt de « journaliste accompli » ou encore d’ « agent apprécié » et de » dirigeant accompli ». Malheureusement, déplore Youssouph Dabo, l’entraîneur des Lionceaux du Sénégal, « il n’aura même pas un enterrement digne de sa personne » en raison de la lutte contre la pandémie qui l’a emporté.
Pour l’Olympique de Marseille, son club, « Pape Diouf restera à jamais dans le cœur des Marseillais comme l’un des grands artisans du club. Toutes nos condoléances à sa famille et ses proches », lit-on sur le site officiel de l’OM. » On n’a pas trop communiqué sur nos relations tous les deux. Mais tu resteras à jamais dans nos cœurs et nos prières t’accompagneront pour le repos éternel de ton âme », écrit, attristé, l’attaquant vedette de Liverpool FC, Sadio Mané.
Pour Didier Deschamps, le sélectionneur des Bleus de France, Pape, journaliste puis agent de joueurs et dirigeant de l’OM, » forçait le respect de l’ensemble du football français où il s’était imposé, au fil du temps, comme une personnalité de premier plan », témoigne-t-il. Aliou Cissé, le sélectionneur des Lions du Sénégal ne reste pas en marge de cette avalanche de témoignages et d’hommages à Pape Diouf. Aussi, déplore-t-il la perte d’un « ami, un grand frère, un oncle, un père », soulignant que « Pape était un homme de principes et de convictions. Je perds un confident et un soutien », écrit-il sur son compte Twitter.
Sur l’antenne de RFI, Joseph-Antoine Bell s’est exprimé sur le décès de Pape Diouf son agent, mais surtout un ami « proche ».
« Comme on se voyait tous les jours – tous les après-midis nous étions ensemble – et que je recevais toujours des coups de fil de footballeurs ou de dirigeants au sujet de leurs joueurs, il fallait les conseiller, faire quelque chose… Alors il m’est venu l’idée de lui proposer, puisque nous partagions beaucoup de principes, qu’il puisse devenir agent de joueur (…) À l’époque, qui aurait pu imaginer un Noir africain agent de joueur ? », se souvient l’ex-international camerounais.
Quant à Jean-Michel Aulas, président de l’Olympique Lyonnais, » Pape était respecté car il était respectable ». La presse du Sénégal, son pays d’origine, a consacré sa Une à Pape Diouf. « Pape perd son dernier match », « Le sommeil du numéro 1 », « Le Covid-19 emporte notre Pape », lit-on, pêle-mêle, en première de couverture des quotidiens avec son portrait. « Le virus nous prend Mababa » son prénom à l’état civil titre Le Soleil, soulignant que l’ancien président de l’OM « était très fier de ses origines africaines ».
Né le 18 décembre 1951 à Abéché au Tchad où son père était en fonction, Mababa Diouf alias Papa Diouf ou Pape Diouf est arrivé en France à l’âge de 18 ans. Il fut journaliste sportif, agent de joueurs (Joseph-Antoine Bell, Marcel Desailly, Samir Nasry, Didier Drogba, Basile Boli…) puis président de l’Olympique de Marseille (2005-2009).
Geneviève MADINA












