@informateur.ci- Un accord de défense récemment conclu entre le Kenya et la France suscite de vives réactions au sein de la classe politique kényane. Alors que près de 800 soldats français ont été déployés à Mombasa, ce partenariat stratégique marque une nouvelle étape dans le repositionnement militaire de Paris en Afrique de l’Est, après son retrait progressif du Sahel.
Signé pour une durée initiale de cinq ans et reconductible automatiquement, ce pacte vise à renforcer la coopération sécuritaire entre les deux pays, en faisant de Nairobi un allié clé de la France dans la région. L’accord prévoit notamment un cadre juridique spécifique pour les forces françaises opérant sur le sol kényan.
Toutefois, plusieurs élus kenyans dénoncent certaines clauses jugées sensibles. En particulier, la disposition accordant une immunité juridique au personnel militaire français alimente les critiques. Selon ces parlementaires, ce mécanisme pourrait limiter la capacité des juridictions kényanes à poursuivre d’éventuelles infractions commises par des soldats étrangers sur leur territoire.
Le texte stipule en effet que la France conserve la compétence pour juger ses ressortissants en cas de faits délictueux survenus au Kenya. Une mesure que ses défenseurs présentent comme une pratique courante dans les accords de coopération militaire internationaux, mais que ses détracteurs considèrent comme une atteinte à la souveraineté nationale.
Dans un contexte sécuritaire régional marqué par la lutte contre le terrorisme et l’instabilité dans la Corne de l’Afrique, les autorités kényanes défendent néanmoins cet accord comme un levier de renforcement des capacités militaires du pays. De son côté, Paris poursuit sa stratégie de redéploiement en Afrique, en misant sur des partenariats bilatéraux renforcés.
Le débat reste ouvert au Kenya, où la ratification et la mise en œuvre de cet accord pourraient encore faire l’objet de discussions politiques intenses dans les prochaines semaines.
Djah OPELY












