@informateur.ci- Le Togo s’impose progressivement comme un client majeur de la Dangote Oil Refinery, dans un contexte de recomposition du marché africain des produits pétroliers raffinés. Fortement dépendant des importations pour couvrir ses besoins en carburants, le pays cherche à sécuriser ses approvisionnements tout en réduisant les coûts logistiques.
Depuis le début de l’année 2026, la raffinerie nigériane accélère sa percée sur le continent. Selon des données relayées par plusieurs médias, elle a déjà exporté 12 cargaisons, soit environ 456 000 tonnes de produits raffinés, vers cinq pays africains, dont le Togo. Ces livraisons interviennent après l’atteinte, en février 2026, de la pleine capacité de production du site, estimée à 650 000 barils par jour.
Cette dynamique intervient alors que de nombreux pays africains restent exposés à la volatilité des marchés internationaux. L’essentiel des importations de carburants provient encore d’Europe, notamment de la zone Amsterdam-Rotterdam-Anvers, ainsi que d’Asie, en raison d’un déficit chronique de capacités locales de raffinage. Les tensions géopolitiques au Moyen-Orient accentuent par ailleurs les risques de perturbation des approvisionnements.
Dans ce contexte, la Dangote Oil Refinery entend s’imposer comme un fournisseur régional de premier plan, en proposant des carburants conformes aux normes Euro 5. Pour le Togo, cette collaboration s’inscrit dans une stratégie de diversification des sources d’importation et de sécurisation énergétique. La proximité géographique avec le Nigeria constitue un avantage logistique non négligeable.
Par ailleurs, le rôle du port de Lomé pourrait se renforcer. Plateforme clé en Afrique de l’Ouest, il offre des perspectives de réexportation vers les pays du Golfe de Guinée. À terme, cette évolution pourrait contribuer à redessiner les flux d’approvisionnement énergétique en Afrique, en réduisant la dépendance historique vis-à-vis des marchés européens.
Djah OPELY












