@informateur.ci- Le Japon a clairement écarté, lundi, toute participation à une éventuelle opération internationale de sécurité maritime dans le stratégique détroit d’Ormuz, malgré les appels pressants des États-Unis à leurs alliés pour rétablir la circulation dans cette voie cruciale pour le commerce mondial de l’énergie.
Selon Washington, une coalition internationale pourrait être nécessaire pour rouvrir ce passage situé entre le golfe Persique et le golfe d’Oman, aujourd’hui largement paralysé par les tensions avec l’Iran. Par ce corridor maritime transite habituellement près d’un cinquième du pétrole consommé dans le monde, ce qui en fait l’un des points névralgiques du marché énergétique international.
Mais le gouvernement japonais a opposé une fin de non-recevoir. Le ministre de la Défense, Shinjiro Koizumi, a indiqué que Tokyo ne prévoyait pas d’ordonner une telle mission. « Nous n’envisageons pas de lancer une opération », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse.
Cette position s’explique notamment par les contraintes juridiques et constitutionnelles qui encadrent les actions militaires du Japon depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. La Première ministre, Sanae Takaichi, a souligné que l’envoi des Forces d’autodéfense japonaises dans une mission armée dans la région serait « juridiquement extrêmement difficile », en raison du caractère pacifiste de la Constitution adoptée en 1947.
La prudence de Tokyo intervient alors que Téhéran a averti qu’il considérerait toute intervention étrangère dans la zone comme une provocation susceptible d’aggraver la crise.Cette décision reste néanmoins délicate pour l’Japon, fortement dépendant des importations énergétiques. Environ 70 % du pétrole consommé dans l’archipel transite en effet par le détroit d’Ormuz, ce qui rend la stabilité de cette route maritime vitale pour son économie.
Face à l’escalade des tensions au Moyen-Orient, Tokyo privilégie pour l’heure la voie diplomatique et appelle à une désescalade afin d’éviter une perturbation durable de l’approvisionnement énergétique mondial.
Djah OPELY












