@informateur.ci- La rentrée parlementaire à l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire s’est ouverte ce 1er octobre sans la présence des députés issus des groupes parlementaires du PDCI-RDA, du PPA-CI ainsi que des non-inscrits. Dans une déclaration conjointe, ces élus ont justifié leur boycott par une contestation du processus électoral en cours, à quelques semaines de la présidentielle du 25 octobre 2025.
Selon les députés signataires, dont l’ancien Premier ministre Pascal Affi N’Guessan, Assalé Tiémoko et Djè Bi Djè Olivier, cette absence vise à « alerter l’opinion nationale et internationale » sur ce qu’ils qualifient de « dérives graves » du régime en place. Ils accusent le RHDP, parti au pouvoir, de verrouiller le processus électoral et de créer les conditions d’un quatrième mandat « anticonstitutionnel » pour le président Alassane Ouattara.
Dans leur déclaration, les parlementaires de l’opposition dénoncent la décision du Conseil constitutionnel du 8 septembre dernier, qui a invalidé plusieurs candidatures de l’opposition. Une décision qu’ils estiment « prise en violation manifeste de la Constitution et des délais légaux ». Pour eux, cette démarche ouvre la voie à une élection sans véritable compétition.
Les députés reprochent également à la Commission électorale indépendante (CEI) de n’avoir pas procédé à la révision annuelle de la liste électorale malgré une enveloppe budgétaire de 27 milliards de FCFA votée par le Parlement. Une situation qui, selon eux, prive de nombreux nouveaux majeurs de leur droit de vote et maintient des radiations jugées arbitraires.
Au-delà du cadre électoral, les députés opposants pointent du doigt la multiplication des arrestations arbitraires, des enlèvements nocturnes et des poursuites contre des responsables politiques et des citoyens critiques du pouvoir. Ces pratiques, disent-ils, instaurent « un climat de peur » et traduisent un glissement vers « un régime autocratique».
Tout en réaffirmant leur attachement aux valeurs démocratiques, les députés de l’opposition annoncent leur détermination à user de « tous les moyens strictement démocratiques » pour obtenir une élection inclusive et transparente : interpellations parlementaires, recours judiciaires, plaidoyers auprès des organisations internationales et actions citoyennes.Ils concluent en appelant le pouvoir à respecter la Constitution, rappelant que depuis l’instauration du multipartisme en 1990, la Côte d’Ivoire doit rester « sur la voie d’une démocratie fondée sur la diversité d’opinions et la confrontation pacifique des projets de société ».
Ainsi, ce boycott de la rentrée parlementaire marque une nouvelle étape dans la bataille politique qui s’intensifie à l’approche du scrutin présidentiel, désormais au centre de toutes les tensions.
Djah OPELY












