@informateur.ci- Le 19 septembre 2002 reste une date charnière de l’histoire contemporaine ivoirienne. Vingt-trois ans après, cet épisode douloureux continue de susciter débats et controverses. Pour Touré Moussa, responsable de communication et observateur attentif de la vie politique, il est impossible de comprendre l’ascension d’Alassane Ouattara au pouvoir sans évoquer la rébellion.
Selon lui, le régime actuel et le RHDP cherchent aujourd’hui à se distancier de cet héritage, préférant le silence et parfois même la réécriture de l’histoire. « Les faits sont têtus », rappelle-t-il, soulignant que les archives et témoignages publics démontrent que sans la rébellion, Alassane Ouattara n’aurait probablement jamais accédé à la magistrature suprême.
Touré Moussa cite les propres paroles du chef de l’État lors de la démission de Guillaume Soro en mars 2012 : « Je voudrais vous rendre hommage pour le rôle que vous avez joué dans le rétablissement de la démocratie dans notre pays… Grâce à vos efforts inlassables, vous avez amené la Côte d’Ivoire à des élections libres et transparentes en 2010… Tout au long de ces années, vous avez démontré votre qualité d’homme d’État… »
Ces propos, poursuit-il, confirment que Soro fut considéré comme l’artisan principal du retour de la démocratie et un acteur clé de l’accession de Ouattara au pouvoir. Alassane Ouattara lui-même, lors d’un déplacement à Ferké, rendait hommage à Soro Guillaume : « Il s’est battu pour que les populations du Nord retrouvent leur dignité par la nationalité ivoirienne… Je voudrais te féliciter cher filleul pour ton courage, ta fidélité et ton patriotisme.»
Des témoignages comme celui de Koné Zakaria, ancien commandant des Forces nouvelles, renforcent cette thèse :«Celui qui a acheté nos armes, c’est Alassane Dramane Ouattara. (…) Lorsque nous étions en exil, c’est lui qui nous apportait du riz et 25 millions de francs par mois »
Le proche de l’ancien président de l’Assemblée nationale s’interroge alors : comment expliquer qu’aujourd’hui, celui qui était encensé comme un «filleul» patriotique soit devenu un ennemi d’État, exilé et poursuivi? Des témoignages comme celui de Koné Zakaria, ancien commandant des Forces nouvelles, renforcent cette thèse :
«Celui qui a acheté nos armes, c’est Alassane Dramane Ouattara. (…) Lorsque nous étions en exil, c’est lui qui nous apportait du riz et 25 millions de francs par mois »
La déclassification d’un document officiel de l’armée française vient corroborer ces révélations. Dans une correspondance adressée à Jacques Chirac en 2004, le général Jean-Louis Georgelin écrivait : «Il semble de plus en plus clair que le blocage du DDR relève de Guillaume Soro, inspiré par Ouattara. (…) La seule possibilité de renverser Gbagbo passe par les élections.»
Pour Touré Moussa, ces preuves montrent que la communauté internationale connaissait le rôle d’Alassane Ouattara dans la rébellion. Pourtant, le régime actuel préfère occulter cette réalité et faire porter seul à Guillaume Soro le poids de cette mémoire. «Ce reniement falsifie l’histoire et prive les jeunes générations de la vérité sur leur passé. Le 19 septembre 2002 ne peut être effacé ni transformé en non-événement », insiste Touré Moussa.
L’histoire nationale, conclut-il, doit être assumée dans toute sa complexité. « En politique comme dans la vie des nations, les mêmes causes produisent les mêmes effets. Le silence et le déni ne feront que fragiliser la réconciliation nationale.»
Djah OPELY












