@informateur.ci- Avec une production aurifère multipliée par plus de trois en dix ans, la Côte d’Ivoire s’impose comme une destination incontournable pour les investisseurs miniers. De 18 tonnes en 2014 à 58 tonnes en 2024, l’or ivoirien attire particulièrement les sociétés australiennes, à l’heure où le climat des affaires se dégrade dans d’autres pays d’Afrique de l’Ouest.
La 22ᵉ édition de la conférence Africa Down Under, qui s’est tenue à Perth du 3 au 5 septembre 2025, a confirmé cet engouement. Pendant trois jours, compagnies minières et responsables africains ont débattu des perspectives du secteur, avec la Côte d’Ivoire mise en avant comme un modèle de stabilité et d’opportunités.
Parmi les voix les plus enthousiastes, Justin Tremain, directeur général de Turaco Gold, a affirmé qu’« il n’y a pas de meilleur endroit au monde pour construire une mine d’or ». Selon lui, l’environnement créé par le gouvernement ivoirien favorise l’exploration et l’exploitation. Preuve en est : le nombre de permis délivrés est passé de 20 en 2014 à plus de 200 en 2024.
Même son de cloche du côté d’African Gold. Son directeur général, Adam Oehlman, a mis en avant la rapidité des découvertes dans le pays. Sa société a déclaré près d’un million d’onces en seulement dix mois au projet Didievi. Les deux dirigeants saluent également l’efficacité des procédures administratives et la reconnaissance officielle du rôle central du secteur minier dans l’économie nationale.
Selon le FMI, l’exploitation minière a progressé de 13,9 % en 2024, contribuant à une croissance économique globale de 6 %, un rythme qui devrait se maintenir dans les années à venir. Cette attractivité a valu à la Côte d’Ivoire d’être classée en 2023 première juridiction minière d’Afrique de l’Ouest par le Fraser Institute, un think tank canadien qui évalue le potentiel minéral et les politiques minières dans le monde.
Toutefois, les défis demeurent. Dans sa Loi de finances 2025, le gouvernement a relevé de deux points la redevance minière sur l’or afin de mieux tirer parti de la hausse des cours. Parallèlement, une révision du code minier est en cours pour concilier attractivité et équité dans le partage de la richesse.
Enfin, la stabilité politique et économique du pays sera mise à l’épreuve lors de l’élection présidentielle d’octobre 2025, un scrutin scruté de près par les investisseurs internationaux.
Djah OPELY












