@informateur.ci- Une activiste très présente sur les réseaux sociaux a été interpellée par la Plate-forme de lutte contre la cybercriminalité (PLCC), après avoir accusé publiquement le maire de Cocody, Jean-Marc Yacé, ainsi que le père Norbert Abékan, curé de l’église Saint-Jacques des Deux-Plateaux, d’implication dans un supposé projet de déstabilisation.
Dans l’une de ses vidéos, largement diffusées en ligne, la prévenue avait affirmé que l’édifice religieux abritait l’ancien président de l’Assemblée nationale, Guillaume Soro, présenté comme caché par l’église. Elle accusait également le maire Jean-Marc Yacé de préparer des activités visant à fragiliser les institutions.
Face à ces allégations, l’élu du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) a saisi la PLCC, organe technique de l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI). Les enquêteurs ont rapidement identifié et arrêté l’activiste, connue sous les initiales T.M.
Lors de son audition, elle a reconnu être l’auteure des propos incriminés, tout en admettant ne disposer d’aucun élément de preuve. Selon ses propres déclarations, ses accusations reposaient uniquement sur un prétendu « don de voyance » lui permettant de « voir ce qui se trame dans l’ombre ».
Cette affaire illustre une dérive devenue fréquente sur les réseaux sociaux en Côte d’Ivoire : la multiplication d’accusations sans fondement, souvent à caractère politique, malgré les nombreuses campagnes de sensibilisation menées par l’ANSSI. Ces publications virales peuvent nuire à la réputation des personnalités mises en cause et troubler l’ordre public.
À l’issue de l’enquête, T.M a été déférée devant le parquet. Elle est poursuivie pour diffamation, atteinte à l’honneur et à l’image, ainsi que pour incitation au trouble à l’ordre public. Ces infractions sont prévues et sanctionnées par les articles 60, 61 et 62 de la loi n°2013-451 du 19 juin 2013 relative à la lutte contre la cybercriminalité.
L’affaire, qui suscite de nombreux commentaires en ligne, relance le débat sur l’usage responsable des réseaux sociaux et sur la frontière entre liberté d’expression et diffamation.
Djah OPELY












