@informateur.ci- À quelques semaines de l’élection présidentielle d’octobre 2025, le Comité de Réflexion pour des Élections Inclusives, Transparentes et Apaisées en Côte d’Ivoire (CREITA-CI) a exprimé, lors d’une conférence de presse tenue le 27 août à Abidjan, ses vives préoccupations quant au climat socio-politique actuel. L’organisation, qui regroupe plusieurs acteurs de la société civile, alerte sur les risques de violences si des réformes urgentes ne sont pas entreprises.
Le CREITA-CI dénonce en premier lieu la crise de légitimité que traverse la Commission Électorale Indépendante (CEI). L’absence de révision régulière de la liste électorale, pourtant exigée par le Code électoral, et le retrait de certains partis politiques de l’institution nourrissent un sentiment d’exclusion. Des déclarations contradictoires de son président ont également accentué la méfiance. « La CEI doit être perçue comme une institution indépendante et impartiale pour garantir la crédibilité du scrutin », insiste le comité.
Autre sujet de tension : l’annonce d’une éventuelle candidature du chef de l’État sortant pour un quatrième mandat. Déjà en 2020, la candidature pour un troisième mandat avait provoqué des affrontements meurtriers et la formation d’un Conseil National de Transition (CNT). Cinq ans plus tard, la perspective d’un nouveau mandat divise à nouveau la classe politique et alimente des manifestations. Des coalitions réclament en outre la réintégration de leaders exclus de la liste électorale, ce qui accentue les crispations.
Le CREITA-CI s’inquiète aussi des atteintes croissantes aux libertés publiques : arrestations d’opposants, intimidations de la société civile et restrictions des manifestations pacifiques. Ce climat, selon l’organisation, fragilise la confiance des citoyens et accroît le risque de radicalisation. « Le pluralisme politique et la liberté d’expression sont des piliers d’une démocratie stable », rappelle la coordinatrice Pulchérie Gbalet.
En rappelant les bilans humains des crises de 2010 et 2020, le comité prévient que la polarisation actuelle, combinée à l’absence d’un véritable dialogue politique, pourrait replonger la Côte d’Ivoire dans un cycle de violences pré- et post-électorales. « Les signaux d’alerte sont là : discours clivants, défiance envers les institutions, contestations persistantes », souligne le CREITA-CI.
Pour éviter une nouvelle crise, le comité formule plusieurs recommandations :
Au gouvernement : ouvrir sans délai un dialogue inclusif et réformer la CEI ; envisager un report du scrutin afin de garantir un processus apaisé.
À la justice : assurer l’impartialité dans le traitement des dossiers électoraux et protéger les droits fondamentaux.
À la CEI : réviser et auditer de manière indépendante la liste électorale, renforcer transparence et communication.
Aux partis politiques : privilégier les voies légales et sensibiliser leurs militants à la préservation de la paix.
Au terme de cette rencontre avec la presse, le CREITA-CI a exhorté les acteurs politiques et institutionnels à faire preuve de responsabilité. L’élection présidentielle de 2025, insiste l’organisation, doit être l’occasion de consolider la démocratie ivoirienne et non de la fragiliser à travers de nouvelles violences.
Yannick KOBO












