@informateur.ci- L’avocate de l’ancien président Laurent Gbagbo, Maître Habiba Touré, a réagi avec fermeté le 21 août au communiqué diffusé par le Conseil d’État de Côte d’Ivoire sur la page Facebook officielle du ministère de la Justice. Dans une déclaration transmise à la presse, elle dénonce des «approximations juridiques» et rappelle les obligations internationales qui s’imposent désormais à l’État ivoirien.
Selon Maître Touré, le texte publié par le Conseil d’État contient non seulement des fautes d’orthographe et des imprécisions, mais il soulève également des doutes quant à « la maîtrise du dossier qu’il prétend commenter». Elle relève notamment une première erreur majeure : l’existence supposée d’un « Tribunal de Grande Instance d’Abidjan». Or, la nomenclature judiciaire ivoirienne ne connaît que des Tribunaux de Première Instance.
Autre point contesté : la condamnation présentée comme définitive de Laurent Gbagbo en octobre 2019. L’avocate rappelle que son client se trouvait alors à Bruxelles, empêché de rentrer en Côte d’Ivoire en raison des conditions posées par les autorités ivoiriennes elles-mêmes. De plus, selon elle, cette décision n’a jamais été notifiée à l’intéressé, malgré l’existence d’adresses connues à Bruxelles comme à Abidjan.
Concernant la procédure devant le Comité des Droits de l’Homme des Nations unies, Maître Touré insiste : «Contrairement à ce qu’affirme le communiqué, la requête n’a pas été rejetée». Le Comité n’a, pour l’heure, statué que sur les mesures provisoires, invitant l’État ivoirien à garantir les droits politiques de Laurent Gbagbo, notamment sa capacité à voter et à se présenter à l’élection présidentielle de 2025. L’examen du fond de l’affaire, lui, se poursuit, avec un délai fixé au 20 février 2026 pour la transmission des observations de la Côte d’Ivoire.
Pour l’avocate, la communication du Conseil d’État ne peut donc être considérée comme une victoire des autorités. Au contraire, explique-t-elle, la décision du Comité constitue une mesure conservatoire à effet immédiat, contraignant la Côte d’Ivoire à respecter ses engagements internationaux en vertu du Pacte international relatif aux droits civils et politiques et de la Constitution ivoirienne. «Les émotions sont libres, mais au-delà des regrets exprimés par le Conseil d’État, il y a des obligations juridiques», affirme Maître Touré. Elle appelle ainsi le gouvernement ivoirien à mettre en œuvre sans délai les mesures nécessaires pour permettre à Laurent Gbagbo d’exercer pleinement ses droits politiques.
Avec cette sortie, l’équipe juridique de l’ancien président entend replacer le débat sur le terrain du droit international, alors que la perspective de l’élection présidentielle de 2025 cristallise déjà tensions et enjeux politiques.
Djah OPELY












