@informateur.ci- L’ancien président nigérian Goodluck Jonathan pourrait faire son retour sur la scène politique en se présentant à l’élection présidentielle de 2027. Selon des sources internes au Parti démocratique populaire (PDP), relayées par le journal Vanguard, Jonathan aurait donné son accord de principe pour se lancer à nouveau dans la course à la magistrature suprême, à la demande de hauts responsables du parti et de personnalités influentes du pays.
D’après un cadre du PDP s’exprimant sous anonymat, l’ex-chef de l’État, qui a dirigé le Nigeria de 2010 à 2015, aurait été convaincu par les appels répétés de leaders politiques soucieux de voir un retour à une gouvernance jugée plus stable. Ses partisans espèrent qu’il incarnera une solution face à l’aggravation de l’insécurité, à la pauvreté croissante et à la crise économique persistante que traverse le pays.
Goodluck Jonathan se serait engagé à ne briguer qu’un seul mandat, respectant ainsi la limitation constitutionnelle, ce qui permettrait de rassurer les élites du Nord nigérian, en quête d’une transition politique équilibrée à l’horizon 2031. Dans cette optique, l’ancien président a entamé une série de consultations stratégiques, notamment avec l’ex-président militaire Ibrahim Babangida à Minna, ainsi qu’avec des figures politiques majeures du Sud-Sud à Port Harcourt.
Le PDP, principal parti d’opposition, soutient activement cette initiative. Interrogé par la BBC Hausa, Mallam Ibrahim Abdullahi, porte-parole adjoint du parti, affirme que « de nombreux Nigérians redécouvrent la valeur du leadership de Jonathan » et que « le parti est à l’écoute des appels à son retour ».
Cependant, sa candidature soulève une incertitude d’ordre constitutionnel. En effet, une réforme de 2018 interdit à toute personne ayant prêté serment deux fois en tant que président de se représenter. Jonathan avait assumé la présidence en 2010 après le décès d’Umaru Yar’Adua, puis avait été élu pour un mandat complet en 2011.
Toutefois, un tribunal fédéral à Yenagoa avait statué en 2022 que cette disposition ne pouvait s’appliquer rétroactivement, laissant ainsi une brèche juridique pour une éventuelle candidature. Le débat reste néanmoins ouvert au sein des milieux judiciaires et constitutionnalistes nigérians.
Djah OPELY












