@informateur.ci- Au Sénégal, les populations se méfient, non pas des autorités maliennes, mais de la frontière avec le Mali. La raison est évidente. Les groupes armés, notamment les éléments du JNIM affilié à Al-Qaïda, ont multiplié leurs attaques contre les positions des forces armées maliennes et les villages le long de la frontière avec le Sénégal, faisant plus de cent morts lors de ces offensives. Aussi le Sénégal a-t-il décidé de renforcer la sécurité à la frontière avec le voisin dont la proximité pose de plus en plus un grave problème sécuritaire.
Selon les médias locaux et internationaux, plusieurs unités de la Gendarmerie sénégalaise ont été déployées depuis quelques jours, pour venir en renfort au dispositif déjà en place à la frontière avec le Mali. Il faut dire que le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko subissent ces dernières semaines une forte pression des populations des zones frontalières de l’ouest du Mali, qui se sont retrouvées, dès le début du mois de juillet 2025, exposées à d’éventuelles incursions djihadistes ou aux effets collatéraux de leurs offensives, notamment dans la région du fleuve Sénégal. La crainte des transporteurs sénégalais qui empruntent l’axe Dakar-Bamako et des acteurs des secteurs d’activités concernés comme les commerçants, est grande. C’est pourquoi ils appellent les autorités à prendre les mesures sécuritaires appropriées.
Beaucoup de transporteurs et de commerçants qui assurent le ravitaillement des axes Sénégal – Mali – Niger – Burkina Faso -Mauritanie ont été forcés de cesser temporairement leurs activités, le temps que la situation sécuritaire dans la sous-région de l’Alliance des États du Sahel s’améliore. Un gros manque à gagner pour ceux-ci, en raison de l’importance du fret sur ces axes et des revenus qu’il génère. D’où la colère de transporteurs et commerçants sénégalais impactés.
Pour rassurer les populations, l’état-major de l’Armée sénégalaise a renforcé son dispositif sécuritaire le long du fleuve Sénégal et dans les secteurs de Tamba, de Saraya et surtout à Kidira, ville-frontière avec le Mali, afin de garantir la sécurité du territoire, des populations et des biens. Des mesures de surveillance et de contrôle renforcées ont été prises face aux attaques au Mali qui se rapprochent un peu trop de la frontière.
Pour l’heure, aucun débordement à l’intérieur du territoire sénégalais n’a été signalé lors des attaques djihadistes menées dans la zone frontalière commune. Encore moins d’incidents diplomatiques entre Dakar et Bamako à propos de la question sécuritaire à la frontière commune. Mais la situation dans l’Ouest du Mali est suivie avec la plus grande attention dans la sous-région sahélienne.
Maurice Konan KOUASSI












