@informateur- A Yopougon, la plus grande commune de la capitale économique ivoirienne, Abidjan, la voie qui relie le carrefour Siporex au quartier Ananeraie était devenue, au fil des années, un véritable calvaire pour les automobilistes de tous ordres, voire pour les piétons à certains niveaux. Un véritable cauchemar pour les usagers de la route. Mais depuis quelque temps, cette voie est en chantier, pour faire la jonction avec la nouvelle autoroute de Dabou, dans le cadre du projet d’élargissement de cette route qui s’inscrit dans le prolongement de la Côtière. Le vendredi 2 août 2024, nous avons refait pour vous ce parcours que tous les automobilistes redoutaient.
A Yopougon, la plus grande commune de la capitale économique ivoirienne, Abidjan, et même d’Afrique de l’ouest, la voie qui relie le quartier Ananeraie au carrefour Siporex est toujours en chantier en ce mois d’août 2024, dans le cadre de l’élargissement de la nouvelle autoroute de Dabou qui elle-même prolonge la Côtière. Si certains tronçons sont quasiment achevés en grande partie et ouverts à la circulation, d’autres sont encore fermés pour travaux. Ce vendredi 2 août 2024, nous refaisons ce parcours tant redouté par les automobilistes pour voir ce qui a changé grâce au projet d’élargissement de cette voie. Nous constatons que le petit tronçon qui bifurque de la route de Dabou en direction du carrefour Oasis est en chantier et donc fermé à la circulation. Il faut donc contourner par le nouvel échangeur du rond-point de GESCO ex-Manutention pour remonter. Mais les travaux à partir du carrefour Oasis sont en grand partie achevés pour l’essentiel et la voie est ouverte à la circulation. En route pour le carrefour dit Oasis, point de départ de notre observation, nous étions assaillis par les souvenirs de l’ancien décor.
- Un panorama jadis chaotique

C’est un panorama chaotique qui défile dans notre esprit. Par le passé, les jours de travail et d’école, le flot ininterrompu de fonctionnaires, de salariés du privé, d’opérateurs économiques, de commerçants, d’élèves, d’étudiants et de transporteurs se disputaient âprement cette voie dès le matin, très tôt. Au carrefour Oasis à Ananeraie voire bien avant depuis la route de Dabou-Songon, impossible d’avoir un véhicule de transport pour s’y rendre. Les gbakas qui arrivaient de Songon et de Dabou étaient pleins à craquer. Idem pour les gbakas dits » agoutis » en raison de leurs courtes dimensions, qui font la ligne Gesco-Adjamé. Ils étaient eux aussi remplis. Seuls quelques clients chanceux trouvaient une place à bord de ces véhicules lorsque des passagers étaient débarqués. Certains étaient obligés de progresser à pieds, pour se donner plus de chance de trouver un véhicule à emprunter un peu plus loin. Mais à l’Antenne-Ananeraie puis au carrefour La Vie, le scénario était le même. Pas de place à bord des gbakas qui y parviennent.
- Un trajet à problème

Tout comme la plupart des véhicules personnels, les taxis communaux dits wôrô-wôrô avaient abandonné le trajet Ananeraie-Siporex. Raison évoquée: «Il y a trop d’embouteillages avant d’arriver à Siporex, ça nous perd le temps inutilement. C’est pourquoi les wôrô-wôrô refusent d’aller là-bas. Si vous voulez aller à Siporex, prenez un gbaka de Gesco, nous leur avons abandonné cette destination», nous avait balancé un chauffeur de wôrô-wôrô, avant de démarrer. Non sans nous avoir prévenus que: «Tout au plus, les wôrô-wôrô vous laisseront au carrefour Chu où vous allez prendre un gbaka pour continuer à Siporex, au Sable ou à Adjamé». Mais y avait un autre problème. Un embouteillage monstre se formait à partir du carrefour Chu et s’étirait jusqu’aux feux tricolores de Port-Bouët 2 et du carrefour Zone, en direction de Siporex. Et ce n’était pas tout. Lorsque l’on franchissait ces gorges, il y avait ces sites de lavage auto dédiés au camions-remorques et citernes installés quelques mètres plus loin. Par leurs manœuvres à risques sur la voie publique lorsqu’ils sortaient ou entraient aux lavages autos, ces poids lourds encombraient dangereusement la chaussée…Nous sommes tirés de nos souvenirs et ramenés à la réalité du moment par l’apprenti du gbaka que nous avons emprunté et qui nous avertit que nous sommes arrivés au Nouveau Goudron, notre destination. Là, lorsque nous mettons pied à terre, nous reconnaissons le décor. Bien que les travaux d’élargissement de la voie ont amélioré quelque peu la fluidité en cet endroit.
- Les gares-boutiques qui encombrent le trottoir, le marché Gourou et les autres squatteurs
Par le passé, lorsque l’on franchissait le carrefour Zone, le plus dur restait à venir, au niveau du carrefour dit Nouveau Goudron, l’embouteillage était inextricable. Et ce vendredi 2 août 2024, les causes de l’extrême encombrement de cette intersection – que même l’unité de police chargée de la régulation de la circulation fuyait – n’ont pas changé. Nous avons tout revu. Au niveau du Nouveau Goudron, la voie est enserrée entre le marché Gouro, les gares routières boutiques qui se sont installées sur les trottoirs, les véhicules de transports en stationnement, les commerçants dont les étals empiètent sur la voie, les motos tricycles de transport de marchandises et les pousseurs de brouettes. Les passants, agacés, se plaignent de la prolifération de ces gares routières- boutiques installées sur les trottoirs, le long de la voie jusqu’au carrefour Siporex. Certes les travaux en cours ont amené certaines à s’éloigner momentanément. Il faut espérer qu’elles ne reviennent pas car ces transporteurs »rebelles » sont tenaces. Lorsque leurs sites en dur ont été détruits, ils se sont installés tout simplement sous de bâches. Et leurs cars continuaient de stationner sur le trottoir, au grand dam de la mairie qui constate que ceux-ci n’ont guère l’intention de bouger de là. Et pour ne rien arranger, il y a aussi ces énormes camions qui viennent débarquer les produits vivriers et autres marchandises au marché Gouro ou qui en sortent. Ils bloquent régulièrement la voie pendant leurs lourdes manœuvres qui durent.

Puis il y a cette poissonnerie située au carrefour Nouveau Goudron, du côté du Banco 2. Située en face du marché Gouro, elle est devenue un point d’engorgement important. En effet, cette poissonnerie qui a naguère commencé son activité discrètement a aujourd’hui acquis une clientèle considérable qui s’entasse dès le matin et occupe le trottoir, voire la chaussée. Les weekends et jours de marché, la foule de clients qui s’y pressent et qui déballent ou embarquent les cartons de poissons en ce lieu est si dense pour ce site qu’elle empêche même les piétons de marcher sur le trottoir. On ne dénombre pas les véhicules en stationnement des clients, les taxis et wôrô-wôro, les tricycles, les brouettes et autres charrettes qui s’agglutinent pour embarquer les paquets des clients de la poissonnerie. Sur le trottoir, les revendeuses de poisson qui s’approvisionnent dans ladite poissonnerie ou ailleurs sont installées.
Pour passer en cet endroit bien connu, les jours de grande affluence les piétons sont obligés de se disputer la chaussée avec les véhicules qui ont eux-mêmes du mal à se frayer un passage. Ce qui ne manque pas de provoquer la colère de nombreux usagers qui insistent sur le fait que: «L’activité de cette poissonnerie s’est développée et les clients sont nombreux. Il n’y a plus assez de place ici, son propriétaire doit la délocaliser. La mairie doit y veiller».
- La fameuse poissonnerie du Carrefour Nouveau Goudron et sa nombreuse clientèle qui entrave la circulation

Un peu plus loin en direction du carrefour Siporex, nous parvenons au carrefour dit «Maïs». Ici, les travaux d’élargissement de la voie ont quelque peu modifié le décor habituel qui est fait, d’un côté des gbakas de Songon -Dabou qui effectuent des demi-tours qui entravent la voie ; et de l’autre des wôrô-wôrô qui embarquent les vendeuses de maïs et de fruits, obstruant la voie. Enfin, quelques mètres plus loin, nous arrivons au carrefour Siporex. Inutile de vous faire une description du tohu-bohu et de la pagaille légendaire qui règnent en permanence en ce lieu mythique. Pour un trajet qui ne devrait pas durer plus de 5 minutes en situation normale de fluidité routière, nous avons mis plus de 30 minutes pour effectuer le parcours dans le sens Ananeraie-Siporex. L’on comprend dès lors pourquoi très peu de conducteurs de véhicules personnels, à moins d’y être contraints pour diverses raisons, se hasardent sur ce parcours qui est devenu un calvaire pour tous les usagers de la route. Et c’est à cette équation que l’agrandissement de la voie Ananeraie dans le prolongement de la nouvelle autoroute de Dabou devrait régler.
On annonce déjà que les autorités municipales et celles en charge de la salubrité urbaine dans le District d’Abidjan seront moins indulgentes avec les squatteurs des trottoirs et de la voie publique lorsque que l’ensemble de la voie Ananeraie-Siporex sera entièrement achevée et livrée. Les transporteurs et les vendeurs en bordure de route sont en première ligne. Quant aux différents marchés Gourou qui gisent sous les pylônes de haute tension électrique, il est possible qu’ils soient transférés au Marché de Gros en construction au rond-point de GESCO ex-Manutention. Pour libérer les lieux et assurer la fluidité routière. Nous quittons les lieux ce vendredi en espérant que, dans un contexte de déguerpissement dans le district d’Abidjan, les autorités compétentes engageront des concertations avec les acteurs impliqués dans l’occupation des trottoirs sur la voie Ananeraie-Siporex pour les délocaliser sur des sites adéquats, afin d’éviter les opérations de déguerpissement musclé , les démolitions et destruction de marchandises et de biens, les évacuations manu militari, les exécutions forcées ou d’office avec leur lot de frustration et de violations des droits de l’Homme.
KKM/informateur.ci












