@informateur- La 34è Coupe d’Afrique des nations (CAN) organisée et remportée, au terme d’un parcours atypique, par la Côte d’Ivoire, aura été une occasion pour les Ivoiriennes et les Ivoiriens de resserrer leurs rangs pour soutenir la sélection nationale dans un élan patriotique qui autorisait tous les espoirs.
Les Eléphants de Côte d’Ivoire constituent sans nul doute un formidable catalyseur de l’unité et de la cohésion nationales pour les Ivoiriens, indépendamment de leurs obédiences politiques et des confessions religieuses auxquelles ont adhéré les uns et les autres. Pour ceux qui en doutaient encore, la 34è Coupe d’Afrique des nations de football organisée par le pays de Didier Drogba est venue en administrer la preuve la plus apodictique.
Du 13 janvier au 11 février 2024, les Ivoiriens ont vibré au rythme de la CAN qui se déroulait dans leur pays. Jeunes, femmes, enfants, de toutes conditions sociales, ont fraternisé pendant la durée de la compétition, dans une ferveur et une liesse qui ont aboli toutes différences entre eux. De sorte qu’il n’y avait plus de Bhété, de Baoulé, de Malinké, de Senoufo, de Koyaka, de Yacouba, de Wê, de Dida, d’Abbey, d’Akyé, de Djimini, ou autres ethnies. Il n’y avait que des Ivoiriens poussant leurs idoles à la victoire. Et pendant ce tournoi, il y eut des moments de grandes souffrances qu’ils ont endurées et qui les ont davantage rapprochés. Notamment, la mémorable et non moins humiliante défaite des Eléphants face au Nzalang Nacional de Guinée Equatoriale (0-4) qui les a précipités au ‘’séjour des morts’’ avant leur ‘’résurrection’’ intervenue quelques jours plus tard grâce à la victoire des Lions de l’Atlas du Maroc sur les Chipolopolos de Zambie (1-0), au titre de la règle qui veut que les 4 meilleurs 3ès soient repêchés. Les Eléphants furent donc repêchés et ont pu continuer l’aventure. Mais, quelle histoire !
- La défaite contre la Guinée Équatoriale a eu l’effet d’un électrochoc
Le moins que l’on puisse dire, c’est que la débâcle des Ivoiriens face aux Equato-guinéens a eu l’effet d’une douche très froide sur le pays hôte. Mais, avec le recul, on peut affirmer que cette défaite a été un mal pour un bien, puisque ce fut un électrochoc pour les joueurs qui ont dû se remettre en cause pour la suite du tournoi. Et ils se sont bien ressaisis. Puisqu’ils ont fait un sans-faute, battant, coup sur coup, le Sénégal, tenant du titre, le Mali, la RDC et, enfin, pour l’apothéose, les Super Eagles du Nigéria qui sont tombés de haut face à des Eléphants à qui ils avaient fait mordre la poussière lors de la phase de poules. Autant de victoires qui ont mis en exergue l’extraordinaire soutien des Ivoiriens qui n’ont pas ménagé leurs peines pour pousser leurs ‘’héros’’ à la victoire finale.
Mais, cette compétition a-t-elle vraiment fait disparaitre les dissensions politiques entre les Ivoiriens? Rien n’est moins sûr. Parce que si les Ivoiriens ont vibré au rythme de l’évolution du parcours des Éléphants jusqu’à la victoire finale, force est de constater qu’il serait chimérique de croire que le sacre des joueurs a tout aboli. Oh que non. D’autant qu’après la CAN qui fut un moment d’insouciance communicative, la réalité a repris ses droits. La politique aussi. Et avec elle tout ce qui est enclin à établir des barrières entre les Ivoiriens.
Ainsi, au final, cette CAN n’aura été qu’une parenthèse qui s’est refermée depuis le 11 février 2024, ne laissant pour ‘’legs’’ que les infrastructures socio-sportivo-économiques.
Ousmane MODIBO












