‘@Informateur- Le 17 février 2023 entre Déou et Oursi dans le Nord du Burkina, 51 soldats ont été tués dans une embuscade tendue par des groupes armés venus du Mali voisin. Alors que l’armée comptait encore ses morts, les terroristes remettent le couvert à Tin-Akoff, le 20 février, en attaquant frontalement le détachement militaire. Bilan de cette énième attaque : 19 soldats tués. Ce qui porte le bilan de ces attaques enregistrées en l’espace de 72 heures dans la même zone à 70 morts.
Ces deux derniers mois auront été les plus meurtriers de la gouvernance du Capitaine Ibrahim Traoré qui dirige le pays depuis six mois. Plus de 200 civils et militaires tués. Des chiffres qui donnent froid dans le dos et qui amènent à s’interroger sur la capacité du jeune Capitaine à tenir sa promesse de libérer les territoires que les terroristes ont mis sous coupe réglée.
Selon plusieurs sources militaires, la zone des trois frontières (Burkina-Mali-Niger) connait depuis janvier un regain d’activisme des groupes armés qui se réorganisent après le départ de l’opération Barkhane du Mali. «Nous nous attendons à d’autres attaques majeures dans ces zones puisque les bandes armées circulent désormais librement entre nos frontières», a confié à Informateur.ci une source militaire, rassurant que l’armée fera le travail qu’elle a à faire.
La question que l’on se pose, c’est comment cette zone des trois frontières après avoir été partiellement aseptisée sous le président Paul-Henri Damiba dans le cadre des opérations conjointes Niger-Burkina en juillet 2022 est redevenue un sanctuaire des terroristes? Pourquoi après «Koural», du nom de l’opération militaire conjointe Burkina-Niger, le Capitaine Ibrahim Traoré qui a, entre-temps, renversé Paul-Henri Damiba et s’est autorisé une visite officielle chez son voisin n’a pas jugé opportun de discuter avec son homologue Assimi Goïta du lancement d’une opération militaire conjointe aux frontières Burkina-Mali?
Cette opération aurait eu le mérite de maintenir une certaine pression sur les groupes terroristes en les empêchant de s’aventurer à nouveau entre les frontières. L’intérêt de ces opérations conjointes, c’est qu’elles permettent aux FDS de mieux traquer les groupes armés à l’intérieur du pays. A contrario, et c’est le cas actuellement, l’armée burkinabè devra, à la fois, faire face aux groupes armés qui sévissent dans le pays et ceux qui mènent des incursions entre les différentes frontières.
En se rapprochant du Mali et en prenant l’historique décision d’éjecter la force Sabre du Burkina Faso, après quelques manifestations de rue, et un peu comme l’a fait Goïta pour Barkhane, les Burkinabè croient tout simplement que leur capitaine sait ce qu’il fait. Puisqu’un proverbe moaga dit justement «qu’on ne s’adosse pas au vide». Prions que ce peuple ne soit pas désillusionné une seconde fois ; puisque nous tenons pour évidence que les derniers changements de régimes survenus au Burkina l’ont été en raison de la dégradation de la situation sécuritaire.
Alfred SIRIMA












