‘@Informateur- L’armée burkinabè doit être exorcisée parce qu’elle est maudite. C’est l’analyse qu’a fait, dimanche nuit, Kalifara Séré, expert en stratégie territoriale, au cours de l’émission hebdomadaire «7infos» de la télévision privée burkinabè Bf1.
Selon Kalifa Séré, l’armée burkinabè a bien d’autres problèmes que ceux déjà connus. «Je pense par exemple qu’il y a la malédiction et des problèmes de mutabilité et la question du concept d’emploi que nous n’arrivons pas à ajuster», a – t-il introduit. Avant de développer sa pensée en ces termes : «La malédiction c’est lorsque l’armée qui est la création du peuple n’arrive pas à incarner les valeurs de société de ce peuple, ses valeurs traditionnelles, ses valeurs mystiques et ses valeurs cosmopolites. (…). Dans le temps nos militaires étaient des hommes en adéquation avec la société, chaque militaire, de l’officier au soldat de rang avait ses bases et ses premiers salaires servaient à l’aller aux sources du mystique pour avoir l’impression d’être immortel et d’être prêt à tout combat. C’est important. Aujourd’hui ce sont des choses malheureusement désuètes et c’est dommages».
- L’armée burkinabè dans sa composante CNEC puis RSP a été l’agence Wagner de la Françafrique

Poursuivant sur les raisons de la malédiction de l’armée burkinabè, l’expert en stratégie territoriale fera une révélation de taille. «La malédiction vient aussi du fait que vous n’arrivez pas à demander pardon, à assumer les torts faits aux autres. De toute l’histoire, antique à maintenant les guerres ont les mêmes histoires. Il y a des guerres justes et des guerres imposées, des guerres injustes. Les guerres justes s’assument et on a l’impression que l’ensemble des divinités posent la main sur cette armée pour qu’elle réussisse. Mais quand vous menez des guerres injustes que personnes ne vous a demandées, évidemment vous transportez en vous des malédictions ; et c’est ce que nous avons fait», a déclaré Kalifara Séré. Et de poursuivre : «Regardez le Burkina Faso sous Blaise Compaoré, il y a pas moins de dix pays auxquels nous avons livré des guerres injustes qui ne sont pas nos guerres à nous. L’armée burkinabè dans sa composante CNEC puis RSP a été l’agence Wagner de la Françafrique. Et jamais nous n’avons demandé pardon à personne. Au Mali, au Niger, à la Mauritanie, à la Sierra Léone, au Libéria et en Côte d’Ivoire, nous avons transporté nos hommes pour des causes qui ne nous regardent absolument pas et nous avons fait faire des choses qui ne nous apportent rien au plan géopolitique et géostratégique. Ça c’est la malédiction et pour moi il faut procéder à l’exorcisme. Il faut exorciser cette armée».
Alfred SIRIMA












