‘@Informateur- A l’avènement du Mouvement Patriotique pour la Sauvegarde, et la Restauration (MPSR), Evgueni Prigojine, homme d’affaires russes, et parrain supposé de la Société militaire privée Wagner avait non seulement félicité la junte pour avoir renverser Roch Marc Christian Kaboré et avait proposé les services des formateurs russes à l’armée burkinabè. L’appel était resté sans suite, puisque le MPSR s’est résolument appliqué à la mise en place des organes de la transition et la réorganisation de l’armée en vue de corriger les failles héritées du régime Kaboré dans son fonctionnement.
Seulement, l’appel d’Evgueni Prigojine a laissé place à des manœuvres sordides sur le terrain où des hommes politiques, des éléments de l’armée et même des hommes de média sont approchés en vue de distiller subtilement dans l’opinion publique l’idée d’une coopération militaire avec la Russie. Le cas du voisin proche qu’est le Mali et le populisme qui caractérise ses dirigeants étant vite devenus comme un modèle à copier.

Peu à peu, on a assisté dans les rues de Bobo-Dioulasso et même de Ouagadougou à des manifestations de groupuscules de personnes affichant le drapeau russe et appelant avec force à une coopération militaire avec la Russie. De deux tondus trois pelés au départ, ce mouvement pro-russe a gagné du terrain au point où lors d’une interview accordée à la télévision nationale le 23 août 2022, le Premier ministre ou l’ex-Premier ministre, c’est selon la situation encore confuse qui prévaut, Albert Ouédraogo, répondait ainsi à une question concernant l’option du partenariat russe : «Nous avons des relations de partenariat avec la Russie depuis bien longtemps. Sur la question des partenariats, nous avons toujours dit que nous sommes dans une logique de diversification. La diversification des partenariats repose sur plusieurs principes. D’abord, le principe de liberté. Pour nous, c’est d’aller vers le partenaire qui nous arrange si je peux parler ainsi, quitte à froisser des partenaires historiques».
- Compter avant tout sur soi-même
Un son qui a contrasté un peu avec le discours tenu le 20 mai par le chef de l’exécutif lors d’une visite à Bobo-Dioulasso. Ce jour-là, le lieutenant-colonel Paul-Henri Damiba disait entendre çà et là des appels à telle ou telle puissance pour venir aider le Burkina. Mais sa conviction à lui est que les Burkinabè devraient d’abord compter sur eux-mêmes.

De ce qui précède, il est clair que la question russe faisait déjà son effet et son chemin dans l’opinion burkinabè. La caricature ici renvoie à l’image d’un homme sur le point de divorcer qui refuse de faire un diagnostic de sa vie en couple et qui convoite déjà une autre femme. Mais que sait-il réellement de cette dernière en dehors de son charme apparent? Autrement dit que pourra apporter de nouveau la Russie ou Wagner au Burkina Faso dans le contexte actuel?
C’est une question que les Burkinabè devraient se poser avec du recul et non dans l’euphorie d’un sentiment anti-français. Il n’est pas question ici de dénigrer une puissance ou de soutenir une autre mais d’appeler à un choix éclairé du peuple burkinabè qui ne le conduise pas sur le chemin des regrets quand l’euphorie et la critique facile se seraient dissipées; et que l’on aura compris qu’au-delà des puissances qu’on affectionne ou reprouve, la stabilité, le développement et l’épanouissement du peuple burkinabè seront bâtis par les Burkinabè eux-mêmes et non personne d’autre.
Alfred SIRIMA












