‘@Informateur- Débarqué du palais de Kosyam, le 24 janvier 2022, par le lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba, l’ancien président Roch Marc Christian Kaboré est désormais une figure de la galerie des past présidents burkinabè encore en vie, avec Jean-Baptiste Ouédraogo, Blaise Compoaré et Michel Kafando.
Arrivé au pouvoir en 2015, dans le sillage de la révolte populaire qui a emporté Blaise Compaoré, Roch Marc Christian Kaboré a surfé sur le rejet du système Compaoré dont il était pourtant un cacique. A sa décharge, il faut reconnaître qu’il a pu se démarquer du régime du beau Blaise avant que ce dernier ne soit vomi par les Burkinabè, éreintés par les tares et la suffisance des anciennes autorités gagnées par l’usure du pouvoir (27 ans).
Mais, alors que les populations l’attendaient sur la question de la lutte contre les djihadistes qui ont pris leur quartier dans la partie septentrionale du pays, le président déchu Roch Marc Christian Kaboré va faire montre d’une scandaleuse incurie en ne prenant pas toute la mesure des exigences de la lutte contre le terrorisme. C’est ainsi que régulièrement, les forces de défense et de sécurité du Pays des Hommes Intègres étaient prises à partie par ces fous de Dieu, endeuillant de nombreuses familles. 2500 victimes dont 500 militaires, c’est le bilan macabre des attaques sporadiques des djihadistes au Burkina.
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A la vérité, ce nombre effroyable met le curseur sur la responsabilité de Roch Marc Christian Kaboré, alors chef suprême des Armées. Cela est d’autant plus avéré que les forces de défense et de sécurité étaient quasiment abandonnées au front, sans renfort, sans équipements adéquats et, ce qui est plus choquant et scandaleux, sans nourriture. Oui, sans nourriture! C’est à peine croyable et pourtant, c’est la triste vérité que le massacre des 53 gendarmes à Inata a révélé le 14 novembre 2021.
Dès lors, la question que l’on se pose semble apodictique : le successeur de Blaise Compaoré, pourra-t-il, s’en tirer aussi facilement, en écopant d’une simple mise en résidence surveillée? Ce serait à la fois injuste et incompréhensible. Parce que quelqu’un doit payer pour cette négligence coupable qui a coûté la vie à des milliers de Burkinabè innocents. Et qui d’autre si ce n’est l’ancien président Roch Marc Christian Kaboré qui avait en charge la sécurité des Burkinabè sur la période incriminée?
En tout état de cause, l’on ne peut passer par pertes et profits tous ces morts. C’est une évidence. Il appartient désormais aux nouvelles autorités de prendre leurs responsabilités en situant celles de ceux qui les ont précédées à la tête du pays. C’est une exigence a minima de la nécessaire réconciliation, condition sine qua non du retour d’une paix durable.
Alfred SIRIMA












