‘@Informateur.info- Invité, mercredi, de Foreign Press News, la plateforme interactive d’échanges de l’Association de la presse étrangère en Côte d’Ivoire (APE-CI), Charles Blé Goudé, le président du COJEP, a évoqué les conditions de son retour au pays où il ne viendra pas comme un « Django », a-t-il affirmé.
« Cela ne dépend pas de moi seulement. J’ai exprimé ouvertement, publiquement mon intention, ma volonté de rentrer chez moi en Côte d’Ivoire auprès des miens. J’ai formulé cette demande auprès des autorités de mon pays. J’attends une suite. Et puis la décision sera prise. Une fois qu’il m’aura été accordé de rentrer chez moi, en ce moment je peux établir un agenda », a déclaré Charles Blé Goudé.
L’ancien ministre de Laurent Gbagbo a expliqué qu’il ne peut pas rentrer en Côte d’Ivoire sans « conditions », c’est pourquoi il s’en remet à la « décision des autorités » de son pays.
« Ce n’est pas une première ce que je suis en train de demander. Je ne quémande pas de rentrer chez moi, je dois rentrer chez moi (…). Je veux rentrer chez moi. Je ne suis pas Hollandais. Je ne suis pas Européen. Je suis venu ici pour subir un procès. L’institution judiciaire qui m’a retenu ici me met en liberté et me dit que je peux rentrer chez moi. J’attends maintenant que les autorités de mon pays me le permettent. Et je leur dis, je m’en remets à leur décision », a-t-il insisté.
Concernant sa condamnation à 20 ans de prison par la justice ivoirienne, Blé Goudé avait remarquer « tout ce qui est politique se règle politiquement. Le président Henri Konan Bédié avait un mandat d’arrêt contre lui (Ouattara) quand il quittait la Côte d’Ivoire pour s’exiler en France après le coup d’État qui a eu lieu contre lui. Ensuite ils sont rentrés en Côte d’Ivoire où on n’a plus entendu parler de ces mandats d’arrêts. Là où on parle de paix, là où on parle de réconciliation, je pense qu’on ne fait jamais assez pour pouvoir rassembler les fils et filles de ce pays-là », a-t-il lancé .
Sur la question de sa « main tendue » au pouvoir qui lui a valu une levée de boucliers sur les réseaux sociaux, Blé Goudé a clarifié sa position en soulignant que « cette expression a suscité beaucoup de commentaires. Oui ! « Blé Goudé n’est rien », « Il se fout du pouvoir en place » « comment peut-il être si arrogant et prétendre tendre la main ? ».
Le président du COJEP a attiré l’attention des internautes sur la situation du pays.
« Notre pays sort petit à petit d’un traumatisme. Les rancœurs sont encore là. Il vous suffit de lire les commentaires sur les réseaux sociaux, vous verrez que la guerre s’est déplacée sur les réseaux sociaux. Comme si les uns et les autres attendaient la moindre occasion pour se rentrer dedans. (…). Moi je pense que chacun doit plutôt chercher à apaiser la situation. Je suis un citoyen ivoirien. J’ai été transféré à la HAYE pour y subir un procès. L’institution judiciaire à laquelle mon pays m’a remis m’a acquitté et me permet après plusieurs mois maintenant de pouvoir rentrer chez moi. Cela fait 6 ans que je suis ici. (…). Je dis que je m’en remets aux autorités de mon pays. C’est la moindre chose que je puisse faire. Je ne peux pas débarquer à Abidjan comme ça comme un Django. Non ! Je ne peux pas non plus narguer les autorités de mon pays. Il faut comprendre le fonds de l’idée », s’est justifié Charles Blé Goudé.
Selon lui, la Côte d’Ivoire qui a une longue tradition d’aller chercher ses fils et ses filles qui se trouvent à l’extérieur du pays du fait d’une crise ou du fait d’une opposition dans les idées doit s’en souvenir pour plancher sur son sort. Citant en cela les exemples de Laurent Gbagbo (1982), Alassane Ouattara (2000) et de Henri Konan Bédié (2001). » Gbagbo était en exil, Houphouët-Boigny est allé le chercher en 1988. Ouattara était en exil sous le coup d’un mandat d’arrêt international, Guéï l’a fait venir, Bédié après le coup d’État était en exil, Gbagbo l’a fait entrer au pays », a-t-il indiqué.
Jean François Fall












