@informateur.ci- Le renouvellement du verger hévéicole, la sécurisation de l’approvisionnement des unités industrielles et le développement de la transformation locale s’imposent comme des priorités pour l’avenir de la filière ivoirienne du caoutchouc naturel.
Ces questions ont été au cœur de la journée scientifique de la deuxième édition des Journées du caoutchouc naturel de Côte d’Ivoire (JCN-CI), organisée le jeudi 5 novembre 2026 au Sofitel Abidjan Hôtel Ivoire.
Placée sous le thème « L’APROMAC : 50 ans de succès au service d’une industrie prospère du caoutchouc naturel », cette rencontre a également marqué le cinquantenaire de l’Association des professionnels du caoutchouc naturel de Côte d’Ivoire (APROMAC). Elle a rassemblé des acteurs de la filière, des représentants d’organisations internationales et des chercheurs pour réfléchir aux perspectives de développement du secteur.
La conférence inaugurale, animée par Dominique Mapri Kpolo, premier secrétaire général de l’APROMAC, a retracé la genèse de l’organisation et les grandes étapes de son évolution.
D’autres interventions ont permis de mettre en lumière les contributions de l’Association des pays producteurs de caoutchouc naturel (ANRPC) et de l’International Rubber Research and Development Board (IRRDB) à la promotion d’une industrie durable et à l’avancement de la recherche scientifique.
Un panel consacré à l’approvisionnement des usines de première transformation et à la valorisation des produits de l’hévéa a ensuite permis d’aborder les principaux défis de la filière.
Le président du conseil d’administration de l’Association des usiniers producteurs de caoutchouc naturel de Côte d’Ivoire (AUPCN), Lamine Sanogo, a notamment relevé que l’augmentation de la production depuis 2016 avait favorisé l’accroissement des capacités industrielles et attiré de nouveaux investisseurs. Cette dynamique rend toutefois indispensable une disponibilité régulière de la matière première. Il a ainsi plaidé pour le renforcement de la production agricole et le développement de la deuxième transformation.
De son côté, Sahifo Gbo, administrateur du Programme d’urgence de renouvellement et d’extension du verger hévéicole (PURE), a présenté les ambitions de ce dispositif lancé en 2025. Il prévoit le renouvellement et l’extension de 500 000 hectares de plantations à l’horizon 2035, à raison de 50 000 hectares par an. L’objectif est notamment de remplacer les vieux vergers et d’étendre la culture dans de nouvelles zones.
Pour Nianzou Herman, représentant le directeur général du Conseil hévéa-palmier à huile-coco (CHPC), trois priorités doivent guider les actions : garantir une rémunération satisfaisante aux producteurs, rééquilibrer l’offre agricole et les capacités industrielles, puis renforcer la création de valeur ajoutée grâce aux sous-produits et à la seconde transformation.
La recherche constitue également un levier essentiel. Michel Amani Kouakou, représentant du Centre national de recherche agronomique (CNRA), a évoqué le développement de nouveaux clones adaptés aux exigences industrielles et aux changements climatiques. Il a aussi souligné le potentiel de l’intelligence artificielle et des drones dans la surveillance sanitaire des plantations, ainsi que les possibilités de transformation des graines d’hévéa en biodiesel, en huile et en savon.
Au terme des échanges, les participants ont appelé à une meilleure coordination entre investissements agricoles, capacités industrielles et recherche scientifique afin de renforcer durablement la compétitivité de la filière ivoirienne du caoutchouc naturel.
Djah OPELY












