@informateur.ci- La gouvernance du secteur aurifère en Côte d’Ivoire ne permettrait pas au pays de tirer pleinement profit de ses ressources, selon Ahoua Don Mello. Dans une analyse publiée le 19 septembre 2026, il estime que l’État dispose, à travers l’or, d’un levier important pour renforcer sa souveraineté économique, financière et monétaire.
Dans son texte consacré à la SIMEP, Ahoua Don Mello relève la progression de la production officielle d’or, passée, selon lui, de 10 tonnes en 2012 à près de 62 tonnes en 2025. Il évoque également plus de 140 tonnes supplémentaires provenant de l’orpaillage clandestin. Pour lui, ces volumes illustrent le potentiel de cette ressource pour contribuer au financement du développement national.
L’ancien Directeur général du Bureau National d’Etudes Techniques et Développement (BNETD) critique toutefois la structure actuelle du secteur, estimant qu’une part importante de la valeur générée par l’exploitation aurifère échappe au pays. Il cite notamment les contrats de concession minière et les 30 % du capital de la SIMEP attribués à des partenaires techniques et financiers.
Ahoua Don Mello estime que les prestations assurées par les partenaires internationaux de la SIMEP, notamment dans la commercialisation, la collecte et la logistique, pourraient être obtenues par appel d’offres sans entraîner une cession de parts du capital. Il propose également de renforcer le rôle de la SODEMI, bras minier de l’État, qui pourrait, selon lui, assurer la fonction d’opérateur avec un accompagnement technique contractualisé.
Sur le financement du Plan national de développement (PND), il conteste l’argument selon lequel la forte contribution attendue du secteur privé international justifierait l’ouverture du capital des structures publiques. À ses yeux, une meilleure valorisation de l’or permettrait justement de réduire la dépendance aux financements extérieurs.
L’ancien responsable considère par ailleurs que le capital de la SIMEP, estimé à 5 milliards de FCFA, pourrait être mobilisé par l’État grâce à une dotation budgétaire ou à un emprunt sur le marché régional.
Enfin, il appelle à une loi sur la gouvernance des matières premières stratégiques, estimant que la gestion actuelle de l’or constitue une occasion manquée de renforcer la souveraineté économique, financière et monétaire de la Côte d’Ivoire.
Yannick KOBO












