@informateur.ci- L’une des fonctions essentielles du député est d’évaluer et de contrôler l’impact des décisions gouvernementales sur la qualité de vie et la pérennité des activités économiques des populations, ainsi que sur les libertés garanties par la Constitution, telles que la libre circulation des biens et des personnes.
Il est essentiel de rappeler que ces droits fondamentaux visent à assurer le respect de la dignité humaine et le bon fonctionnement de la société. La Constitution protège ces libertés afin de promouvoir la prospérité économique, de faciliter les échanges et d’encourager la mobilité des citoyens.
Toute restriction à ces droits doit être justifiée, proportionnée et conforme aux principes démocratiques, afin de garantir que la liberté de circulation ne soit pas indûment entravée.
Le député est le défenseur des intérêts du peuple qu’il représente ; il ne peut se muer en complice d’un gouvernement lorsque ses mesures portent atteinte aux intérêts du peuple.
C’est pourquoi aucun député ne peut rester silencieux face à la récente décision d’interdire la circulation des deux- et trois-roues sur les artères principales d’Abidjan.
Cette mesure condamne immédiatement à la misère des milliers de jeunes entrepreneurs (livraison, ventes en ligne) et de travailleurs qui, grâce à la moto, ont trouvé une solution efficace aux embouteillages pour se rendre au travail.
On peut comprendre la volonté du gouvernement de rétablir l’ordre routier et de réduire les accidents impliquant ces engins. On peut également comprendre la volonté du gouvernement d’interdire les tricycles sur ces voies pour des raisons que chacun sait.
Mais interdire purement et simplement, en plus, la circulation des deux roues sur les artères ciblées revient à reconnaître l’échec des politiques de régulation et d’éducation routière.
Pendant ce temps, des milliers de gbakas et des centaines de milliers d’autres véhicules roulent sans contrôle technique ; personne ne s’en inquiète véritablement.
Sous nos yeux circulent des « cercueils ambulants » dont l’état vétuste cause des décès et des pertes économiques considérables pour l’État, année après année. Pourtant, aucune mesure proportionnée et systématique n’est prise pour y remédier.
Interdire les deux roues au lieu de renforcer la réglementation, de construire des pistes cyclables, d’imposer un contrôle technique effectif et de sanctionner l’indiscipline est une décision injuste et inefficace — tout comme l’a été la limitation d’âge à cinq ans pour certains véhicules importés.
Cette décision mérite d’être vigoureusement dénoncée. Nous accompagnerons les victimes dans leur organisation pour rentrer en discussion avec le District d’Abidjan, aux fins d’obtenir la levée de cette mesure et, en cas d’échec, saisir le Conseil d’État pour obtenir son annulation pour excès de pouvoir, en raison de son atteinte grave et disproportionnée à une activité économique et à la liberté.
Assalé Tiémoko
Député de la Nation













