@informateur.ci- Air Sénégal traverse une nouvelle zone de turbulences. Fragilisée par l’immobilisation d’une partie de sa flotte, la compagnie nationale sénégalaise a décidé de réaffecter certains de ses pilotes sur les vols opérés par Air Côte d’Ivoire. Une sous-traitance présentée comme un moyen de réduire les pertes financières, mais qui suscite une vive contestation au sein du personnel navigant et alimente un débat politique à Dakar.
Selon plusieurs sources internes, l’immobilisation prolongée de plusieurs appareils a entraîné une chute significative des opérations d’Air Sénégal, poussant la direction à trouver des solutions temporaires pour éviter un déficit encore plus lourd. La mise à disposition de pilotes auprès d’Air Côte d’Ivoire permettrait ainsi de conserver l’activité de certains membres du personnel tout en générant des revenus complémentaires.
Mais cette collaboration entre deux compagnies pourtant concurrentes ne passe pas inaperçue. Au Sénégal, la polémique enfle. Le député Guy Marius Sagna, membre du parti Pastef, a interpellé le gouvernement le 4 novembre dernier, dénonçant ce qu’il considère comme un dysfonctionnement majeur dans la gouvernance d’Air Sénégal.
Pour l’élu, faire travailler des pilotes nationaux au profit d’une compagnie étrangère révèle une défaillance structurelle et porte atteinte à la souveraineté du transport aérien sénégalais.
Du côté des pilotes, la colère monte également. Certains dénoncent une décision prise sans concertation et craignent que cette coopération ponctuelle ne devienne une solution durable, au détriment de la relance interne d’Air Sénégal. Ils évoquent également une perte d’image pour la compagnie, obligée de « prêter » son personnel alors même qu’elle peine à remplir sa propre mission de transport.
Face à la controverse, la direction d’Air Sénégal défend une démarche pragmatique, rappelant que la location d’équipages ou de services entre compagnies aériennes est une pratique courante dans le secteur. Elle affirme travailler sur un plan de redressement qui devrait permettre, à terme, de remettre en service les appareils immobilisés et de restaurer un programme de vols régulier.
Djah OPELY












