@informateur.ci- La traçabilité du cacao devient un enjeu majeur pour les pays producteurs d’Afrique de l’Ouest, à l’approche de l’entrée en vigueur des nouvelles exigences européennes en matière de lutte contre la déforestation. L’Union européenne entend ainsi réduire l’impact de sa consommation sur les forêts mondiales, alors que les importations de produits agricoles contribuent à une part importante de la déforestation.
La réglementation européenne impose notamment aux opérateurs de pouvoir retracer l’origine des matières premières jusqu’à leur parcelle de production. Pour le cacao, cette exigence implique de disposer d’informations précises sur chaque exploitation agricole, notamment sa localisation et l’historique de l’utilisation des terres.
Les exportateurs doivent également mettre en place des systèmes numériques permettant d’enregistrer et de conserver les données de traçabilité tout au long de la chaîne d’approvisionnement. Ces informations doivent pouvoir être vérifiées et mises à la disposition des acheteurs européens.
Une démarche qui représente un défi considérable pour les acteurs locaux. Les acheteurs de cacao soulignent le coût élevé et la complexité de la mise en conformité, particulièrement dans des pays comme la Côte d’Ivoire, le Ghana et le Nigeria.
Dans ces principaux bassins de production, la filière repose largement sur des centaines de milliers de petits producteurs installés dans des zones rurales parfois difficiles d’accès. Identifier chaque exploitation, relever ses coordonnées géographiques, vérifier la conformité des terres et assurer la mise à jour régulière des données nécessitent d’importants moyens humains, techniques et financiers.
Au-delà de la cartographie des plantations, les opérateurs doivent donc investir dans des outils numériques et renforcer leurs dispositifs de contrôle. Pour les acheteurs locaux, cette transformation de la filière pourrait peser sur les coûts d’approvisionnement et nécessite un accompagnement accru des producteurs.
L’enjeu est désormais de concilier les exigences environnementales de l’Union européenne avec les réalités économiques et sociales des petits exploitants ouest-africains, afin de préserver l’accès du cacao africain au marché européen.
Djah OPELY











