@informateur.ci- Le bras de fer se poursuit autour des stocks résiduels de cacao de la campagne 2025-2026 en Côte d’Ivoire. Le Collectif des Sociétés Coopératives et Acheteurs de Côte d’Ivoire annonce vouloir engager une démarche judiciaire contre le Conseil du Café-Cacao (CCC), après la décision de mettre fin à l’opération de rachat d’urgence de cacao.
Dans un communiqué adressé à ses membres, le collectif rappelle que le directeur général du Conseil du Café-Cacao, Yves Brahima Koné, avait déclaré, le 14 janvier 2026, que l’ensemble de la production ivoirienne de cacao serait acheté. Quelques jours plus tard, le 29 janvier, le lancement officiel du programme de rachat avait cependant fixé l’opération à un volume de 100 000 tonnes.
Le 5 août 2026, le Conseil du Café-Cacao a annoncé la fin de cette opération, précisant que le dispositif n’avait jamais eu pour objectif de racheter la totalité des stocks résiduels au-delà des 100 000 tonnes ciblées. Une position vivement contestée par le collectif, qui affirme que d’importantes quantités de cacao restent encore stockées chez certains opérateurs.
Au cœur des revendications figure la question de la transparence sur les bénéficiaires de l’opération. Le collectif déplore notamment l’absence de publication d’une liste nominative des quelque 1 400 coopératives ayant participé à l’inventaire annoncé par le CCC avec l’Organe interprofessionnel du Café-Cacao (OIA-Café-Cacao).
Selon les responsables du collectif, aucune donnée publique ne permettrait de connaître précisément les volumes retirés par coopérative ou par zone. Cette situation alimente, selon eux, des interrogations sur l’équité de la répartition des volumes rachetés.
Le collectif reconnaît toutefois que le régulateur peut invoquer la confidentialité des données commerciales, les informations financières et logistiques concernant les entreprises et coopératives. Il estime néanmoins que cette justification ne suffit pas à répondre aux préoccupations des acteurs directement concernés.
Pour les coopératives, acheteurs et producteurs non servis, la persistance de stocks résiduels constitue un autre motif d’inquiétude. Le collectif estime que l’absence de données détaillées rend difficile toute vérification indépendante de l’efficacité et de l’équité de l’opération.
Face à cette situation, l’organisation appelle ses membres à rester mobilisés, tout en insistant sur le caractère pacifique et légal de sa démarche. Elle demande également la constitution rapide d’un collectif d’avocats afin d’examiner les voies de recours et de défendre les intérêts de ses membres.
«Notre combat n’est dirigé contre personne», affirme le collectif, qui dit vouloir défendre les droits, les investissements et la survie économique des opérateurs concernés.
Le Collectif des Sociétés Coopératives et Acheteurs assure ainsi vouloir poursuivre ses actions « dans le strict respect de la loi ». Il promet de communiquer ultérieurement sur les prochaines étapes de sa démarche.
Djah OPELY












