Le Réseau national pour la défense des droits des victimes des déchets toxiques de Côte d’Ivoire (Renadvidet-CI) a animé un point de presse le samedi 20 janvier 2018 dernier à la mairie de la commune d’Adjamé. Et ce, pour s’insurger contre le parti pris du procureur de la République dans le procès du détournement des indemnités allouées aux victimes des déchets toxiques.
En effet, ce procès qui est pendant devant le tribunal du commerce d’Abidjan met en cause messieurs Adama Bictogo et la Mlba consulting sarl, Kone Cheick Oumar et le groupe Koneco, Gohourou Ziallo Claude Francois et des établissements financiers, notamment la, la Sgbci, et l’Afriland first bank, et la Cndvt-CI.
Selon le président du Renadvidet-CI, M. Charles Koffi, c’est au terme de l’enquête préliminaire confiée à la Direction de la Police Economique et Financière, que Adama Bictogo, et Koné Cheick Oumar et certains établissements financiers ont été mis en cause dans le détournement de la somme de 4,658 milliards F CFA destinés à l’indemnisation de 6.624 victimes, membres du Renadvidet-CI. Ainsi depuis le 20 juillet 2011 la justice a été saisie.
Il fait savoir par ailleurs que si Adama Bictogo a été soustrait à l’information judiciaire ouverte au 1er cabinet d’instruction du Plateau, au motif de son immunité parlementaire, la soustraction de la Sgbci s’est faite parce que son avocat d’alors dans cette affaire, n’était autre que M. Ahoussou Kouadio Jeannot qui était Premier Ministre et Ministre de la Justice à cette époque.
Finalement, tous les auteurs et complices de monsieur Adama Bictogo et la SGBCI que sont KONE Cheick Oumar, Gohourou Ziallo Claude François et autres ont été condamnés le 13 Janvier 2015 par la Chambre des Délits Economiques du Tribunal de Première Instance du Plateau à 20 ans de prison ferme et à 3 millions de F CFA d’amende et ACCESS BANK à 21 milliards de F CFA d’amende.
Ainsi, le 20 Juillet 2017, le Renadvidet-CI a formulé une assignation en restitution de leur indemnisation et en dommages et intérêts à l’encontre d’Adama Bictogo, de Koné Cheick Ouma, et des entreprises impliquées dans cette affaire.
Le Président du Tribunal de Commerce ordonne alors la mise en état de cette affaire allant de la période du 16 Octobre 2017 au 30 Octobre, l’audience étant fixée au jeudi 6 novembre 2017. Mais au jour de l’audience point de dossiers puisqu’ils ont été « confisqués » par le procureur de la République Adou Richard.
C’est à la Suite de plusieurs courriers adressés aux autorités compétentes pour dénoncer la rétention intentionnelle de cette procédure par le Procureur Adou Richard que finalement le dossier est acheminé au Tribunal de Commerce le 4 Janvier 2018. Ce qui dénote aisément le parti pris du procureur de la République. Pour preuve, Lorsque la procédure en question a été communiquée par la Juge d’instruction au Procureur Adou Richard, il a gardé par devers lui ledit dossier jusqu’au retour de la vacance judiciaire, et La juge Assi Dosso Juliette en charge du dossier a affectée au Tribunal de Yopougon.
Il a fallu plusieurs manifestations devant le Tribunal du Plateau pour dénoncer cet état de fait, pour que la procédure soit finalement libérée et confiée au Commissaire Adou exerçant à la Préfecture de Police d’Abidjan, qui devrait reprendre les différentes auditions. La encore, la procédure est restée sans suite. Ce pourquoi le Renadvidet-CI s’est senti dans l’obligation de retirer sa plainte pour désormais initier une action civile devant le Tribunal du Commerce d’Abidjan, en espérant que ce tribunal sera indépendant des réquisitions partiales du Procureur Adou Richard, qui n’a pour seul et unique objectif que de plonger les victimes dans un dilatoire intentionnel et indéfini.
En somme, à en croire le président du Renadvidet-CI, Charles Koffi, C’est donc à bon droit que sa structure a porté sa saisine devant le Tribunal de Commerce d’ Abidjan.
Ce pourquoi, le Renadvidet-Ci par la voix de son président invite toutes les victimes des déchets toxiques à venir massivement le jeudi 25 Janvier 2018 prochain au Tribunal de commerce d’Abidjan qui videra ce jour son délibéré.
Il faut rappeler que suite au déversement de déchets toxiques à Abidjan et ses banlieues par le bateau Probo-Koala affrété par la société Trafigura au port d’Abidjan dans la nuit du 19 au 20 Aout 2006, plusieurs personnes sont décédées et d’autres ont connu des problèmes graves de santé.
Un accord à l’amiable avait alors été trouvé dans le courant du mois d’aout 2009, entre le cabinet LEIGH DAY et la société Trafigura, qui a accepté de transférer la somme de 22,5 milliards FCFA sur le compte du cabinet ouvert dans les livres de la SGBCI pour l’indemnisation des victimes.
Yannick Kobo












