@informateur.ci- La Confédération nationale des établissements sanitaires à base communautaire de Côte d’Ivoire (CNAESCOM-CI) a célébré, le vendredi 28 novembre à Cocody, la deuxième édition du Prix Pascal Ortiz et Compagnons. Au cœur d’un dîner de gala placé sous le signe de l’engagement communautaire, cette cérémonie a distingué sept acteurs majeurs de la santé en Côte d’Ivoire, dont Clément Ouattara, président confédéral de la structure.
Axée sur le thème : « L’esprit PSA au-delà d’Abidjan : une santé communautaire pour tous et partout », cette édition a mis en lumière les efforts déployés pour étendre le modèle des Établissements sanitaires à base communautaire (ESCOM) vers l’intérieur du pays, au-delà du seul district d’Abidjan.
Dans son allocution, Clément Ouattara, par ailleurs PCA de la FSUCOM Ouassakara-Attié de Yopougon, a tenu à rappeler les origines de ce modèle novateur. Il a rendu hommage au président Félix Houphouët-Boigny, qui avait appelé en 1991 le Premier ministre Alassane Ouattara à accélérer la restructuration du système de santé ivoirien.
Pour diagnostiquer et reconstruire ce système alors fragilisé par la crise économique, le gouvernement avait sollicité des experts ivoiriens et français du Programme Santé Abidjan (PSA). De leurs réflexions est née l’idée de rapprocher les services sanitaires des populations : créer des centres de santé à moins de cinq kilomètres des communautés, avec des médecins recrutés localement et une gouvernance participative. C’est ainsi qu’ont été mis en place les premiers ESCOM-CI, aujourd’hui considérés comme les piliers de la santé de proximité dans le pays.
Le président de la CNAESCOM-CI a exprimé sa gratitude à la France, représentée lors de la cérémonie par des responsables de l’Ambassade, de l’AFD et d’Expertise France. Il a également adressé ses remerciements à Christine Ortiz, veuve du médecin Pascal Ortiz — l’un des pionniers du PSA — qui a donné son accord pour que ce prix porte le nom de son mari.
Grâce à un financement de 2,5 milliards FCFA octroyé l’année dernière par l’AFD, dans le cadre d’un appui budgétaire l’année dernière, aux structures à but non lucratif privés, avec la CNAESCOM-CI, d’autres ESCOM seront construits à l’intérieur du pays, notamment trois dans la région de Sam Pedro et trois dans la région du Gontougo. « En 2026, nous serons à l’intérieur du pays », a réaffirmé Clément Ouattara.
Créé en 2024, le Prix Pascal Ortiz et Compagnons vise à honorer, chaque année, ceux qui donnent de leur temps, leur énergie et leurs moyens pour soutenir les ESCOM-CI. Il ne s’agit pas, a insisté le président confédéral, de « prix de complaisance », mais de distinctions d’excellence, attribuées selon des critères rigoureux définis par un jury indépendant.
Initialement, dix récompenses étaient prévues pour cette édition. Cependant, deux d’entre elles — le prix du meilleur agent du privé et celui du meilleur agent des ESCOM — n’ont pas pu être décernées en raison du contexte électoral, qui n’a pas permis de collecter toutes les données nécessaires.
Les sept lauréats 2025 :
Prix du meilleur référent communautaire : Nanan Djoman Djako Gervais, chef du village d’Azito ; Prix de la meilleure assurance santé / ESCOM : MUPEMENET-CI ; Prix du meilleur organe de presse pour la promotion de la santé communautaire : RTI2 ; Prix du meilleur journaliste pour la promotion de la santé communautaire : Traoré Abou (Sursaut National, Le Perroquet libéré) ; Prix du meilleur ESCOM – Hygiène, qualité et développement des prestations : FSUCOM Ouassakara-Attié de Yopougon ; Prix du meilleur ESCOM – Investissements et infrastructures : FSUCOM Port-Bouët 2 ; Prix du meilleur ESCOM – Innovation et management sanitaire : FSUCOM Toit Rouge.
Représentant le ministre Adama Kamara en charge de l’emploi et de la protection sociale, parrain de l’événement et lauréat de la première édition pour son rôle déterminant dans l’extension de la Couverture maladie universelle (CMU), l’un de ses collaborateurs a assuré que le ministère continuera d’accompagner la CNAESCOM-CI. La CNAM, sous tutelle du ministre, s’engage notamment dans la formation continue afin de renforcer les compétences des personnels des ESCOM.
Clément Ouattara a conclu en souhaitant que les ESCOM couvrent toutes les villes et tous les villages du pays. Pour lui, l’État « gagne deux fois » avec ce modèle : la population est éduquée à la prévention et prise en charge près de chez elle lorsqu’elle tombe malade. Ce système, financé en grande partie par les communautés elles-mêmes, renforce la résilience sanitaire nationale. « Que Dieu fasse que les ESCOM envahissent toute la Côte d’Ivoire », a-t-il lancé sous les applaudissements.
Yannick KOBO





