@informateur.ci- Dans une lettre ouverte au président Ouattara, le candidat Innocent Gnelbin appelle à un report de l’élection présidentielle de 2025 pour éviter une nouvelle crise politique et garantir des élections justes et inclusives.
Le climat politique ivoirien s’intensifie à l’approche de l’élection présidentielle d’octobre 2025. Dans une lettre ouverte adressée au président Alassane Ouattara, le candidat Innocent Gnelbin, président du parti Force aux Peuples, appelle à un report consensuel du scrutin. Pour lui, il ne s’agit ni d’une manœuvre politique ni d’un calcul personnel, mais d’un appel à la responsabilité historique face aux signaux inquiétants d’une instabilité électorale récurrente.
Se référant au rapport du PNUD de 2023, qui place la Côte d’Ivoire parmi les 15 pays les plus à risque de violences électorales, Gnelbin rappelle que depuis 1995, aucune présidentielle n’a été épargnée par le sang et les tensions. Il cite notamment les 3 000 morts de la crise postélectorale de 2010-2011 et les 85 décès enregistrés lors du scrutin de 2020.
Le candidat dénonce également un contexte institutionnel jugé défavorable à des élections équitables : réformes constitutionnelles sans consensus, Commission électorale contestée, Conseil constitutionnel perçu comme partial, et exclusion de figures majeures de l’opposition de la liste électorale. À cela s’ajoute l’inquiétude concernant plus de trois millions de citoyens non-inscrits, un climat de répression des libertés publiques, et un système électoral devenu inaccessible pour les candidats sans moyens financiers colossaux.
Dans un ton grave mais empreint d’espoir, Innocent Gnelbin en appelle à la sagesse d’Alassane Ouattara, estimant que ce dernier, au crépuscule de sa carrière politique, a encore l’occasion de poser un acte de grandeur : convoquer un dialogue politique inclusif et accepter un report de l’élection, pour garantir la paix et la stabilité. «L’histoire vous attend», conclut-il, invitant le chef de l’État à faire primer la réconciliation nationale sur les échéances électorales.
Y.K/informateur.ci












