@informateur.c- L’ancien président de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire, le professeur Mamadou Koulibaly, a relancé le débat sur l’avenir monétaire de l’Afrique de l’Ouest en pointant du doigt l’absence de concrétisation de l’ECO, pourtant annoncée il y a plus de cinq ans. Dans une publication sur le réseau social X, il s’est interrogé sur le silence des promoteurs de cette monnaie unique de la CEDEAO.
«Les inquisiteurs et autres policiers de la pensée qui demandent aujourd’hui des comptes aux pays de l’AES ne devraient-ils pas, eux aussi, interroger les États de l’UEMOA et de la CEDEAO sur l’ECO ? », a-t-il écrit. Pour Mamadou Koulibaly, la situation est d’autant plus paradoxale que la naissance officielle de l’ECO, annoncée le 21 décembre 2019, avait été présentée comme actant la fin du franc CFA. Depuis lors, souligne-t-il, le projet semble au point mort.
Cette sortie intervient dans un contexte marqué par les critiques visant l’Alliance des États du Sahel (AES), composée du Mali, du Burkina Faso et du Niger, qui a affiché sa volonté de se doter d’une monnaie commune. Pour ces pays, il s’agit de rompre avec ce qu’ils qualifient d’« anomalie historique » héritée de près de quatre-vingts ans d’usage du franc CFA.
Dans cette dynamique, l’AES a franchi une nouvelle étape le 11 décembre dernier en finalisant la mise en place de sa Banque confédérale d’investissement et de développement. Cette institution est perçue comme un jalon essentiel vers une plus grande souveraineté économique et monétaire.
À travers son intervention, Mamadou Koulibaly invite ainsi à un débat équilibré : alors que l’AES avance vers une rupture assumée avec le franc CFA, la CEDEAO et l’UEMOA sont appelées à clarifier l’avenir réel de l’ECO, annoncée mais toujours absente du quotidien des États et des populations ouest-africaines.
Djah OPELY





