@informateur.ci- Les négociations s’accélèrent entre Paris et Abidjan autour du partage des fréquences aériennes sur la très convoitée ligne Abidjan–Paris. Depuis le lancement, mi-octobre, de ses vols vers la capitale française, Air Côte d’Ivoire réclame une hausse significative de ses rotations, ce qui impliquerait une réduction du nombre de vols opérés par les compagnies françaises, Air France et Corsair. Une revendication qui crispent les discussions bilatérales.
La compagnie nationale ivoirienne opère actuellement six vols hebdomadaires entre Abidjan et Paris. Mais elle ambitionne d’augmenter rapidement cette présence sur une route stratégique, soutenant que le trafic entre les deux pays justifie une meilleure répartition des droits. Selon Jeune Afrique, les négociations seraient particulièrement tendues, notamment lors des derniers échanges tenus en marge des États de l’Air du 22 octobre à la Direction générale de l’aviation civile (DGAC) en France.
À cette occasion, Pascal de Izaguirre, président de Corsair, avait laissé transparaître son inquiétude face à la possibilité de céder certaines de ses fréquences pour permettre à Air Côte d’Ivoire de renforcer son offre. Les deux compagnies françaises, Corsair comme Air France — cette dernière étant d’ailleurs actionnaire minoritaire d’Air Côte d’Ivoire — refusent catégoriquement toute réduction imposée ou limitation de leur flexibilité opérationnelle.
Certaines voix en France accusent Abidjan de vouloir s’affranchir de l’accord de libéralisation signé en 2016, qui avait instauré une ouverture progressive des droits de trafic. En coulisses, les échanges entre la DGAC française et l’ANAC, son équivalent ivoirien, seraient désormais qualifiés d’« électriques».
Pour la prochaine saison IATA, Paris souhaite maintenir un total de 21 rotations hebdomadaires pour les compagnies françaises, contre 7 pour Air Côte d’Ivoire, soit 14 vols pour Air France et 7 pour Corsair. Mais Abidjan revendique une formule bien différente : 14 fréquences pour la compagnie ivoirienne et 14 pour les opérateurs français, un partage strictement équilibré.
Interrogé quelques semaines plus tôt par TourMaG sur l’arrivée de ce troisième acteur sur la ligne, Pascal de Izaguirre se montrait pourtant optimiste, affirmant que la concurrence « stimule la qualité et les tarifs». Mais l’« émulation » annoncée semble désormais avoir cédé la place à un véritable bras de fer diplomatique à l’approche de la saison hiver de l’IATA.
Djah OPELY












