@informateur.ci- Arrêté à Abidjan en juillet dernier et placé en détention provisoire, le député malien Mamadou Hawa Gassama comparaîtra ce vendredi 9 janvier 2026 devant le tribunal de première instance (TPI) d’Abidjan-Plateau. Membre du Conseil national de transition (CNT) du Mali, l’intéressé est poursuivi pour « offense au chef de l’État ivoirien », « injure par système d’information » et « fausse déclaration».
L’annonce de la date d’audience a été faite lundi par son avocat, Me Mamadou Ismaïla Konaté, ancien ministre malien de la Justice. Selon ce dernier, la fixation du procès marque la fin de la phase d’instruction et ouvre une étape décisive de cette affaire très suivie, avec une audience publique appelée à éclairer l’opinion sur le sort judiciaire du parlementaire malien, actuellement détenu au pôle pénitentiaire d’Abidjan (PPA).
Dans un communiqué, Me Konaté a précisé qu’il assurera personnellement la défense de son client à Abidjan. La stratégie de défense devrait notamment s’appuyer sur l’âge avancé et l’état de santé de Mamadou Hawa Gassama, ainsi que sur sa qualité de membre du CNT, organe législatif de la transition malienne.
Les faits remontent à juillet 2025. Mamadou Hawa Gassama avait été interpellé à l’aéroport international d’Abidjan alors qu’il s’apprêtait à regagner Bamako après un séjour familial à Séguéla, dans le nord de la Côte d’Ivoire. Selon des témoignages, un incident technique ayant entraîné le débarquement des passagers aurait provoqué une altercation verbale. Le député malien aurait alors attiré l’attention des services de sécurité, avant d’être conduit à la Direction de la surveillance du territoire (DST) pour audition, puis présenté à un juge d’instruction qui avait ordonné son placement sous mandat de dépôt.
Au cours des mois d’instruction, Mamadou Hawa Gassama a multiplié les gestes d’apaisement, allant jusqu’à présenter des excuses officielles au président ivoirien, Alassane Ouattara. Malgré cela, la procédure judiciaire a suivi son cours. Le 30 décembre dernier, le doyen des juges d’instruction du TPI d’Abidjan-Plateau a renvoyé le dossier devant le tribunal correctionnel.
La détention du député est également liée à des propos tenus en septembre 2022, lorsqu’il avait qualifié le chef de l’État ivoirien d’« ennemi numéro un du Mali», affirmant détenir des preuves à l’appui. Dans un contexte de relations diplomatiques encore sensibles entre Bamako et Abidjan, les autorités maliennes ont, jusqu’ici, observé une réserve prudente, soulignant le caractère privé de la situation de leur ressortissant.
Djah OPELY













