@informateur.ci- La Confédération des organisations de victimes des crises ivoiriennes (COVICI) a présenté son rapport de monitoring 2025 consacré aux programmes du Fonds au profit des victimes (FPV) en Côte d’Ivoire. Cette 12ᵉ édition vise à évaluer les actions menées en faveur des victimes des crises ivoiriennes, leur niveau de satisfaction et l’impact des interventions sur leur reconstruction.
Le monitoring réalisé par la COVICI consiste à suivre la mise en œuvre des programmes, recueillir les informations auprès des bénéficiaires et analyser les résultats obtenus. L’objectif est également de mesurer la contribution du FPV à la cohésion sociale, à la reconstruction des victimes et à la consolidation d’une paix durable.
Dans le cadre de cette étude, une enquête a été menée du 11 décembre 2024 au 29 janvier 2025 auprès d’environ 400 victimes, pour la plupart bénéficiaires des programmes du Fonds. La démarche a notamment porté sur leur connaissance du FPV et leur appréciation de son impact au sein des communautés.
Entre 2021 et 2025, le FPV est intervenu dans plusieurs régions, notamment le Guémon, le Cavally, le Haut-Sassandra et les Lagunes. Les bénéficiaires sont principalement des victimes d’incidents liés aux crises survenues entre 2002 et 2011, période marquée par de graves violations des droits humains et du droit international humanitaire, qui ont officiellement fait près de 3 000 morts.
Les programmes, mis en œuvre avec des partenaires tels qu’AVSI, DRAO et WANEP Côte d’Ivoire, ont bénéficié de l’appui de relais communautaires. À Abidjan, dans la région des Lagunes, WANEP a notamment conduit les activités avec les relais de la COVICI.
Selon le rapport, les interventions du FPV ont été déployées durant quatre ans et demi, pour un financement global de 1,226 milliard de FCFA. Elles visaient notamment les victimes les plus vulnérables, en complément des dispositifs publics et des initiatives de la société civile, avec une attention particulière aux personnes ayant subi des violences sexuelles liées aux conflits.
Quatre principaux axes ont structuré les interventions : le soutien psychologique, la réintégration socio-économique et l’appui matériel, la prise en charge médicale et physique, ainsi que les actions communautaires à caractère symbolique.
Au total, 702 bénéficiaires ont reçu un appui pour développer des activités génératrices de revenus (AGR). Environ 7 000 personnes ont également participé à des séances de thérapie communautaire.
La COVICI met particulièrement en avant la Thérapie communautaire intégrative et systémique (TCIS), connue sous le nom de « rondes brésiliennes », pour son rôle dans la reconstruction psychologique et le renforcement des liens sociaux.
À l’issue de son monitoring, la COVICI formule plusieurs recommandations. Elle appelle notamment le FPV, la Cour pénale internationale (CPI) et les partenaires internationaux à poursuivre leur soutien technique et financier aux organisations partenaires et aux acteurs communautaires. Elle souhaite aussi une implication accrue des organisations de victimes dans la conception et la mise en œuvre des programmes.
La COVICI préconise par ailleurs de soutenir la recherche sur la justice réparatrice, de pérenniser la TCIS et de poursuivre l’accompagnement des victimes après la fin du mandat du Fonds en Côte d’Ivoire. Elle plaide également pour l’adoption d’une loi en faveur des victimes et pour une évaluation régulière des programmes afin d’en mesurer l’efficacité et l’impact.
Aux institutions nationales, elle recommande de renforcer les capacités des structures publiques et des organisations de la société civile, tout en améliorant la coordination et les mécanismes de suivi-évaluation.
À travers ce rapport, la COVICI entend maintenir la question des victimes au cœur des politiques publiques et contribuer à la consolidation des acquis en matière de réparation, de justice, de réconciliation et de cohésion sociale en Côte d’Ivoire.
Yannick KOBO












