@informateur.ci- Le Conseil du Café-Cacao (CCC), organe chargé de la régulation de la filière cacao en Côte d’Ivoire, a décidé de restreindre temporairement la délivrance des autorisations de transport des fèves vers les ports d’Abidjan et de San Pedro. L’annonce a été faite le mardi 2 décembre par le directeur général du CCC, Yves Brahima Koné, lors d’un entretien avec Reuters. Cette mesure vise à prévenir la congestion des camions devant les usines et à limiter les «dépôts/ventes» en zone rurale.
Selon le DG du CCC, les premières semaines de la campagne ont été marquées par une accumulation inhabituelle de camions devant les usines d’exportation. Cette congestion artificielle, explique-t-il, a donné l’illusion d’une forte disponibilité de fèves, entraînant un ralentissement des achats et, surtout, une baisse du prix garanti bord champ. Les producteurs peinaient alors à écouler leurs fèves, certains étant contraints d’attendre plusieurs jours avant un déchargement.
«Entre octobre et novembre, nous avons constaté que les producteurs n’arrivaient pas à vendre leurs fèves au prix garanti. Les déchargements se faisaient au compte-gouttes, ce qui a paralysé les achats », a précisé Yves Brahima Koné. Face à cette situation, le CCC a décidé de limiter les autorisations de transport en fonction de la capacité de déchargement réelle de chaque usine. « Si une usine ne peut décharger que 16 camions par jour, alors seuls 16 camions seront autorisés à acheminer des fèves pour son compte », a-t-il expliqué.
D’après le directeur général, cette régulation a permis de désengorger les ports et de réduire considérablement les dépôts/ventes, une pratique qui pénalisait les producteurs contraints de livrer leurs fèves sans paiement immédiat. Certains agriculteurs affirment avoir dû vendre leurs productions à 2 500 FCFA le kilogramme en novembre, soit en dessous du prix garanti de 2 800 FCFA, afin d’éviter des délais d’attente trop longs.
Les directions régionales du CCC ont confirmé la tendance : la baisse du prix sur le terrain et la multiplication des dépôts/ventes ont alerté les autorités, justifiant une intervention rapide. « Décembre représente le pic de la production. Il fallait agir vite pour éviter un effondrement du système », souligne M. Koné.
Malgré une commercialisation jugée satisfaisante, le DG du CCC se montre préoccupé par la baisse continue de la production. À fin novembre, les arrivées en ports ont atteint plus de 700 000 tonnes, en ligne avec les prévisions. Toutefois, la récolte principale devrait culminer autour de 1,3 million de tonnes, bien en dessous des 1,7 million enregistrés il y a trois ans. « Si le climat devient défavorable ne serait-ce qu’un mois, nous pourrions perdre jusqu’à 70 000 tonnes supplémentaires », a-t-il averti.
Djah OPELY





