@informateur.ci- Les opérations de déguerpissement engagées dans plusieurs quartiers d’Abidjan continuent de susciter de vives réactions au sein de la classe politique et des collectivités locales. Le maire de Tiassalé et président du mouvement ADCI, Assalé Tiemoko Antoine, a livré une analyse critique de la gestion de ces interventions, tout en réaffirmant son soutien au principe de protection des populations exposées aux risques.
Selon lui, la destruction des habitations situées dans des zones jugées dangereuses ou impropres à l’habitation, notamment en période de fortes pluies, répond à une nécessité de sécurité publique. Cette démarche, portée par le gouvernement à travers le District autonome d’Abidjan, vise à prévenir les pertes en vies humaines et relève d’une responsabilité des autorités.
Toutefois, l’élu estime que la conduite de ces opérations mérite davantage de clarté sur le plan institutionnel. Il rappelle que les Districts autonomes d’Abidjan et de Yamoussoukro ne disposent d’aucune autorité hiérarchique sur les mairies. De même, aucun maire n’exerce une tutelle sur un autre. Pour Assalé Tiemoko, il est juridiquement erroné de considérer qu’un gouverneur de district peut intervenir librement dans une commune sans en informer officiellement les autorités municipales.
S’appuyant sur l’article 7 de la loi n°2003-208 du 7 juillet 2003 relative au transfert et à la répartition des compétences de l’État aux collectivités territoriales, il souligne que toute intervention d’aménagement ou d’équipement sur le territoire communal doit faire l’objet d’une consultation préalable du maire concerné. Cette consultation, précise-t-il, doit être formalisée par des documents officiels tels qu’un procès-verbal ou une correspondance administrative.
Le journaliste d’investigation estime que si des maires affirment ne pas avoir été consultés avant certaines opérations, ils disposent de recours légaux pour défendre les intérêts de leurs administrés devant les juridictions compétentes.
Au-delà de l’aspect juridique, Assalé Tiemoko invite les autorités à réfléchir à l’accompagnement social des populations affectées. Il s’interroge notamment sur le devenir du programme de réhabilitation des quartiers précaires d’Abidjan, annoncé avec l’appui financier de l’Agence française de développement (AFD). Pour lui, protéger des vies ne doit pas se limiter aux déguerpissements, mais également s’accompagner de solutions de relogement et de reconstruction afin de préserver la dignité des populations concernées.
Djah OPELY












