@informateur- A la suite de la Fédération estudiantine et scolaire de Côte d’Ivoire (Fesci), du président de l’Assemblée nationale Adama Bictogo de Charles Blé Goudé et des nombreuses organisations de défense des droits de l’Homme qui ont dénoncé l’opération de déguerpissement menée par les services du District autonome d’Abidjan, lequel déguerpissement a touché plusieurs habitations et l’établissement scolaire Cha Hélène le lundi 19 février 2024, laissant des habitants désorientés à la rue et jetant dehors au moins 1880 élèves à 4 mois des examens scolaires à grand tirage, le président du Front populaire ivoirien (Fpi) a lui aussi exprimé son indignation devant cette situation.
Dans un communiqué publié par le parti, Affi Nguessan s’est élevé contre «la politique du bulldozer» menées par les pouvoirs publics dans le cadre de la campagne de déguerpissement dans le District d’Abidjan. Il a exprimé sa solidarité à l’endroit des victimes de Yopougon GESCO, tout en s’affligeant de cet acte qui porte atteinte à la dignité de l’homme. Non sans souligner que la politique d’urbanisation et le développement ne doivent pas se faire au détriment de l’homme.
Pour le président du Fpi, le développement doit avoir un visage humain, dans le sens de la réconciliation nationale qui doit rassembler tous les Ivoiriens, et non piétiner leurs droits et libertés. Il est bon de noter qu’à en croire des sources relayées par les réseaux sociaux, les opérations de déguerpissement entreprises depuis un certain temps par le District autonome d’Abidjan vont continuer et toucher plusieurs sites à travers la capitale économique et plusieurs communes environnantes. Il faut espérer que les impacts de cette vague de démolition de quartiers précaires et autres sites ne débouchent sur une situation humanitaire désastreuse.
Pour sa défense, le District autonome d’Abidjan fait savoir que les sites détruis sont des sites à risques ou illégalement squattés, dont les occupants ont reçu des mises en demeure depuis longtemps. Selon une note des services du gouverneur du District, Cissé Bacongo l’établissement scolaire Cha Hélène démoli n’est pas le site officiel de l’établissement qui, lui, n’a pas été touché. Certes. Mais les conséquences socio-économiques et humanitaires sont là, et Bacongo ne peut les nier ou les minimiser. Car c’est la pauvreté et le manque de logements sociaux accessibles aux économiquement faibles qui amènent les populations démunies à squatter des sites et à s’entasser dans les taudis urbains. Et cela, les pouvoirs publics doivent en tenir compte.
C’est la nécessité qui mène les habitants des bidonvilles et Sicobois à l’illégalité, souvent sur des sites à risques où ils s’exposent aux inondations, aux éboulements et glissements de terrain. Et aux opérations de déguerpissement. C’est un fait social sur lequel le président de la République, Alassane Ouattara, doit se pencher. On démolit les quartiers précaires pour réaliser des travaux, des édifices et ouvrages publics ; pour donner un meilleur visage à nos villes et communes. Mais que fait-on des populations déguerpies? N’ont-elles pas elles aussi droit à la dignité et au bien-être promis par le président Alassane Ouattara?
A propos, qu’en est-il du programme de recasement des populations des quartiers précaires d’Abidjan et banlieue annoncé il y a quelques années par le gouvernement? Le gouvernement n’avait-il pas promis que près de 1000 hectares de terrain seraient dégagés pour un vaste projet d’assainissement au plan urbain du District autonome d’Abidjan et ailleurs? Visiblement rangé au placard après les effets d’annonce. On voit aujourd’hui les conséquences.
Daouda LY












